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2 sept. 2013

Le coût du travail, l'économie du transfert de fonctionnalité

Le coût du travail interroge, laisse perplexe un grand nombre de personnes. Faut-il le baisser pour sauver l'industrie et l'économie ?

Si nous écoutons Pierre Gattaz, le nouveau patron des patrons qui remplace Laurence Parisot : le coût du travail est au cœur des attentes patronales, il faut le baisser ainsi que les impôts dont l'ISF.
Christophe de Margerie, PDG de Total explique l'importance de distinguer l'ISF qui est un impôt sur la personne clef de voute de la société, des impôts et taxes sur les entreprises clefs de voute de l'économie. Une distinction que ne semble pas savoir faire Pierre Gattaz.

Si nous écoutons Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances lors de son intervention à l'université du Medef "La hausse des cotisations patronales due à la réforme des retraites sera intégralement compensée par une baisse des cotisations famille dès 2014 et pour tout le quinquennat". Le gouvernement serait décidé à aller plus loin que les 20 premiers milliards de crédit déjà proposés aux entreprises avec une rallonge de 10 milliards supplémentaires. 

Si nous écoutons le débat qui agite l'Allemagne, le modèle que les français aiment utiliser, nous avons d'un coté : le PS allemand qui clame " « Nous avons une économie à bas salaire comme aucun autre pays » et l'UMP allemand qui répond :  « Il n’y a jamais autant eu d’actifs en Allemagne ». Bref, l'Allemagne le pays des actifs à bas salaires pour faire la synthèse.

Il est vrai que si l'on tient le raisonnement qui va suivre pour juste vos biais cognitifs, les arguments des deux Pierre ne sont pas faux. 

Le prix de vente d'un produit ou service est composé d'un coût de fabrication matériel et humain, d'un coût d'acheminement au consommateur transport, d'un coût de communication marketing et publicité. 
A ces 3 coûts initiaux, il faut ajouter une marge pour permettre la recherche et le développement de nouveaux produits et services et d'un retour sur investissement aux parties prenantes de la production et de la commercialisation primes, dividendes, etc....

Pour que cela fonctionne, nous avons donc des producteurs, des transporteurs et des consommateurs.

Oui mais...

Prenons un peu de hauteur, tentons d'avoir un point de vue encore plus global, oserais-je écrire, un point de vue mondialisé ?

Les facteurs en jeu dans le prix de vente doivent correspondre au pouvoir d'achat du consommateur et dépendent de :

- Matières premières Matériel
- Coût du travail Humain
- D'énergie Transport
- Publicité Marketing

Avec 7 milliards d'habitants, si tout le monde vit comme tout le monde, il nous faudrait plus de 3 planètes Terre pour assurer l'approvisionnement en matières premières. Certes, nous savons que bientôt nous pourrons allons extraire des minerais dans la voie lactée mais pas encore tout de suite.


Le prix des matières premières ne fait qu'augmenter du fait de leur rareté de plus en plus importante, nous entrons dans un monde de la pénurie. L'exemple le plus frappant et révélateur est peut-être celui des Terres Rares qui permettent de concevoir le matériel technologique comme les smartphones et elles se trouvent essentiellement en Chine.
Le prix des transports avec l'énergie ne fait également qu'augmenter puisque l'énergie principale est fossile et le pétrole est une ressource en voie d’extinction. Les tankers et super tankers ne sont pas encore électriques, nucléaires ou solaires.
Dans une concurrence mondialisée, il faut se distinguer auprès du consommateur, les coûts de promotion sont en constante augmentation pour que ce produit ou service soit acheté par le plus grand nombre. A titre d'exemple en France, il a toujours été entendu qu'un bon produit ou service pouvait se passer de publicité, le bouche à oreilles étant suffisant et pourtant si nous prenons un exemple dans la téléphonie mobile, rarement un opérateur n'aura autant saturé l'espace publicitaire avec son offre commerciale comme Free peut le faire quotidiennement sur l'ensemble des chaines de la télévision : une overdose publicitaire.

Pour conclure ce raisonnement, il peut apparaître évident que le seul levier disponible pour permettre de répondre au pouvoir d'achat du consommateur soit le coût du travail : une injonction quelque peu paradoxale car en baissant le revenu du salarié, on ne permet pas à la personne de plus acheter.

Il serait peu intelligent de répondre qu'il suffit d'aller chercher la croissance là où elle se trouve avec les dents ou son couteau. Les pays émergents sont certes de nouveaux champs de consommateurs et les nouveaux lieux de productions mais les questions de matières premières et de publicité sont toujours valables et elles augmentent plus rapidement le coût de production que le pouvoir d'achat des "émergés".

Produire moins cher peut se faire avec une main d’œuvre dite qualifiée, ce qui nécessite la construction d'infrastructures scolaires, la formation de personnels enseignants qualifiés (Cf le classement de Shanghai), donc des impôts pour permettre à chacun de pouvoir réussir indépendamment de son statut de naissance.

Oui, mais des petits malins sont passés par là avec l'économie du transfert.



Existe-t-il une solution ?
Tout le monde ne souhaite pas devenir un décroissant qui ne consomme plus et vivre comme une famille d'Amish

L'économie de la fonctionnalité vise, non à vendre un bien mais à vendre une fonctionnalité dans la durée. Cela pose de vieilles questions comme celle de la propriété.
En effet, on ne devient plus propriétaire Ad vitam æternam du bien mais locataire. Apple et les produits de son Apple Store ne sont pas transférables automatiquement aux générations futures comme pouvaient l'être une cassette, un vynil ou un DVD. Microsoft propose de plus en plus un paiement à l'usage et non à la détention de ses logiciels.
Google propose des services dits gratuits en échange de données personnelles pour mieux cibler les publicités, l'individu devient une somme de données numérisés l'homme document.

C'est cette économie de la fonctionnalité qui a permis à l'entreprise Xerox de doubler sa masse salariale et d'engranger 2 milliards de profits supplémentaires.
C'est cette économie de la fonctionnalité qui pourrait permettre aux Fast-Food dont Mac Do de doubler les salaires de ses centaines de milliers de travailleurs pour quelques centimes de plus.
C'est cette économie de la fonctionnalité qui permet de considérer le prix du travail comme un investissement et non comme un vulgaire coût modulable en fonction des envies de recettes de quelques particuliers.

Cette économie semble être la solution de transition la plus acceptable par tous actuellement.
Si nous prenons en considération la colère montante des salariés qui vivent leur travail de plus en plus comme des esclaves et non des citoyens pouvant s'épanouir
Si nous nous référons aux études sur la pénibilité, les risques psycho-sociaux, les taux de suicides, les revendications ou encore les réflexions des principaux philosophes toutes "obédiences" confondues.

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