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22 janv. 2020

La lapidation du dernier français : De "Allah al Ibn est pédé" au "doigt dans le cul d'Allah", du droit au blasphème de Fomet à l'appel au meurtre de Mila.



Quand le chansonnier belge Frédéric Fomet chante sur France Inter : « Jésus, Jésus, Jésus est pédé, j’vois pas pourquoi ça dérangerait. Du haut de la croix, signe révélateur, Jésus écoute Mylène Farmer. (…) Jésus, Jésus, Jésus est pédé, membre de la LGBT. Du haut de la croix, pourquoi l’avoir cloué, pourquoi l’avoir pas enculé ? », le journal le Huffington Post explique que la droite et l'extrême-droite sont en émoi et rédige un article en reprenant les tweets des politiques en question. Le journal LGBT Têtu lui fera un article sur : « Jésus est pédé » : la parodie de ce chansonnier de France Inter ne passe pas » où le journaliste met en avant les accusations de blasphème sur les réseaux sociaux, le signalement au CSA fait par quelques internautes et les commentaires des mouvements anti-avortement, des militants du RN ou de Soral. Le journal Têtu ne communiquera pas sur la plainte pour homophobie de l'association LGBT IDAHO contre le chansonnier puisque d'après IDAHO, les préjugés homosexuels sont nombreux dans cette chanson.

Le Huffington Post comme Têtu répondent à l'argument avancé par les contradicteurs que ce chansonnier n'oserait pas faire la même chose sur Mahomet par le fait qu'il a fait une chanson sur les terroristes. Fermez le ban !

Shaykh Muhammad Ibn Mustapha Al-Misri - Peinture sur Papyrus - 16e siècle

Quelques semaines plus tard, une lycéenne de 16 ans suite à des insultes sur son lesbianisme et sa peau blanche par des internautes de confession musulmane pour avoir décliné leur drague, elle se fera traiter de "sale pute, sale française", Mila fait une vidéo sur Instagram où elle use de son droit au blasphème en rappelant également l'homophobie des textes coraniques, et termine sa diatribe par  « votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. ».
Suite à sa vidéo, les internautes se déchaînent, publient son nom, son adresse, ses coordonnées bancaires, l'adresse de son école et une partie d'entre eux appellent à son meurtre, filmé si possible. La lycéenne devra être ex-filtrée de son lycée afin de la protéger de ces menaces. Deux mots dièse apparaîtront sur twitter #JeSuisMila et #JeNeSuisPasMila, les uns rappelant le droit au blasphème, les autres condamnant les propos de la lycéenne qui ne doit pas se plaindre de récolter la haine qu'elle sème avec son blasphème.

Le silence de la secrétaire d'état Marlène Schiappa sera remarqué par tout le monde, le journal Marianne fera un article sur ces appels au meurtre dans l'indifférence des associations LGBT, des partis politiques de la gauche française et des média d'état. Quant au journal Têtu, Timothée de Rauglaudre qui avait affiché son soutien à l'homophobe Houria Bouteldja du Parti des indigènes en 2017, il oubliera dans son article les attaques racistes et homophobes contre la lycéenne avant son blasphème, dédouanera les jeunes musulmans appelant à son meurtre en expliquant que ce n'était pas leur intention réelle et mettra en avant les convictions politiques de certains défenseurs de Mila pour tenter l'explication d'une instrumentalisation de la droite la plus dure. Ainsi, entre son déni et ses discriminations, le journaliste LGBT de Têtu fera un article partial et partiel, Timothée de Rauglaudre, un fils PMA de Violette Morris ?



Notre homme ordinaire reconnaissait ces signes avant-coureurs de l'implosion finale qui conduirait à la dernière lapidation. Les preuves que la rationalité, la vérité et la démocratie quittaient la France étaient chaque jour plus grandes. Dans le tumulte des passions et les lâchetés du quotidien, les fameux progressistes ne souhaitaient pas l'égalité mais le pouvoir et ils pensaient l'Islam politique, leurs alliés de circonstance capables d'être leurs guerriers. Ils avaient oublié comme à chaque fois que les tyrannies s'appuient sur les mensonges et les préjugés. La gauche française avec son orientalisme ne pouvait en être qu'aveugle. Elle terminerait comme la gauche iranienne qui avait permis l'instauration de la République Islamique.

Homosexualité et  Islam.

L’exemple d’un conservateur musulman homosexuel : celui-ci doit-il considérer son orientation comme faisant partie de son "Vrai Moi" ou au contraire s’agit-il d’un péché superficiel dont il devra se débarrasser d’une manière ou d’une autre ? 
Si, cet homosexuel va passer un IRM, le neuroscientifique pourra lui dire s'il est homosexuel, bisexuel ou hétérosexuel car cela voit dans le cerveau.
Si, cet homosexuel va discuter avec un Imam, suivant son obédience, la réponse ira de :"la pendaison, une thérapie de conversion, un changement de  sexe", à sois heureux mon frère, l'amour est universel. L'essentiel est ton bonheur. Il invitera cet homosexuel plutôt à se marier et avoir des enfants plutôt que d'avoir une vie volage. La famille étant un élément clef de la religion et il lui indiquera la mosquée qui accepte les homosexuels.

Ce "Vrai Moi" du musulman homosexuel serait-il fondamentalement bon ?

On est face, on pourrait dire, à une espèce de Rousseauisme appliqué à l’individu et non à la société. Du coup « les changements positifs de personnalité sont assimilés à des découvertes. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas perçus du tout comme une forme de changement, mais comme une révélation de ce qui était depuis toujours caché à l’intérieur » selon les universitaires de Yale. Du reste, même en dehors de l’aspect moral, qui est fondamental, les traits positifs de personnalité, quels qu’ils soient, sont considérés comme plus essentiels, plus significatifs de notre vraie personnalité, que nos traits négatifs. 
A savoir que même les misanthropes et les pessimistes ont tendance à croire au caractère fondamentalement bienveillant de la personnalité profonde. 

 « Il faut moins de preuves pour désigner quelqu’un comme un pécheur plutôt que comme un saint, et de petits péchés peuvent reléguer une personne dans la catégorie des pécheurs…. Les gens sont, en effet, trop souvent susceptibles d’attribuer les comportements désagréables des gens à des causes internes, même lorsque ces comportements peuvent être clairement liés à des causes aléatoires, situationnelles » selon les universitaires de Yale.

Homosexualité et Homophobie.

L’homosexualité s’explique entre 8 et 25% par la génétique (Ganna, et al. - 2019) et l’homophobie présente une plus forte héritabilité génétique (36% au minimum et certainement autour de 60-70%) que l’homosexualité (25% maximum). La variance s’explique à 36-82% par la génétique, 29-52% par l’environnement et à 0-18% par l’éducation (Zapko-Willmes - 2018).




Connaître n'est pas savoir réagir.

Si la connaissance rend libre et le rasoir d'Ockham permet de couper court à un préjugé, connaître et réagir sont deux actes différents. Seul l'apprentissage et le dialogue sur la pensée méthodique permettent l'amorçage de la déradicalisation de l'autre, lui opposer la vérité d’emblée comme le rappel du droit au blasphème ne fait que nourrir la radicalisation en raison de l'incapacité à supporter et à sortir des conflits socio-cognitifs.
Mais la séduction cognitive du rappel de la liberté de blasphème en France est trop grande, trop facile. Même la philosophe Marylin Maeso tomba dans ce piège de la séduction apparente avec son thread contre-productif quand le premier pas d'un philosophe non Roi mais éclairé est de questionner et non d'affirmer pour démontrer.

« De passage, j'en profite pour poster un sincère . Une jeune fille parle mal de l'islam, elle est pour cela menacée de viol et de mort, son adresse et son identité diffusées, mais à part ça, on peut critiquer les religions en France ? Vous me faites honte.
J'ai vu passer des dizaines de justifications du calvaire qu'elle subit, repris des milliers de fois. Quant aux "oui mais" qui disent "oui, rien ne justifie le harcèlement, MAIS quand même, elle n'avait pas à insulter l'islam, c'est irrespectueux", vous êtes lâches et hypocrites.
Lâches, parce que vous lâchez vos principes en n'exprimant pas un refus inconditionnel du harcèlement face à la critique d'une religion. Hypocrites, parce que les mêmes qui s'offusquent qu'on insulte l'islam balancent des et à longueur de journée.
Dire "les hommes/blancs sont des ordures", c'est être woke. Mais insulter une religion, c'est insupportable ? Quid du jeune qui avait blagué sur la Mecque-disco, et qui avait subi le même sort que cette fille ? Aucune idéologie n'est sacrée. Seule l'est l'intégrité des personnes. 
Bref, soyez un minimum cohérents, et cessez d'imputer à un Créateur que vous dites parfait une susceptibilité exacerbée qui n'est que le fruit de votre propre sensibilité. Si votre foi est sincère, ce que les autres disent de Dieu n'a aucun poids.
PS : à ceux qui disent "vous insultez l'islam, mais quand on critique les LGBT, vous nous le reprochez !", ahem : L'HOMOSEXUALITÉ N'EST PAS UNE CROYANCE/UNE IDÉOLOGIE, ELLE EST UN FAIT, ET INSULTER DES PERSONNES POUR CE QU'ELLES SONT N'A RIEN À VOIR AVEC SE FOUTRE D'UNE RELIGION.
Cette manie d'identifier les personnes à leurs croyances pour museler la critique, ça donne la Grande-Bretagne, où des parents retirent leurs enfants d'1 école car l'évocation de familles homoparentales est contraire à leurs croyances qui méritent le respect. CQFD. Bonne journée.  ».

Et, après avoir traité les autres de lâches, d'hypocrites, d'incohérents, etc... ce qui est loin d'être la meilleure entrée en matière pour dialoguer avec un autre et le mettre dans une position d'écoute et de réflexion, Marylin Maeso s'étonne d'être à son tour insultée suite à son thread et se victimisera.
Or, son thread, comme expliqué ne pouvait être que contre-productif et amener à ces réactions mais pour le savoir il faut connaître les sciences car dans le monde de la philosophie-Reine, aucune vérité ne peut exister en raison du scepticisme philosophique, il ne peut y avoir de CQFD, excepté de démontrer son orgueil et ses préjugés. Un pompier pyromane n'aurait pas fait mieux.


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Les épisodes précédents :
https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais.html

https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais_12.html

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https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais_19.html

19 janv. 2020

La lapidation du dernier français : Macron, la jaquette de Révolution, le journaliste militant Bouhafs et le risque système.



Intitulé Révolution, l'essai politique d'Emmanuel Macron portait en jaquette le slogan : « C'est notre combat pour la France ».
Affronter la réalité du monde ferait retrouver l'espérance de ceux pensant la France en déclin, la civilisation s'effaçant, le repli sur soi et la guerre civile en horizon des événements. Emmanuel Macron proposait en sept points une grande transformation comme la France n'en avait pas connu depuis l'imprimerie et la Renaissance, selon lui.
  1. Financer l'assurance chômage par l'impôt qui se substituerait aux cotisations sociales;
  2. Permettre aux accords de branche professionnelle de déroger à la loi par accord majoritaire sur tous les sujets souhaités;
  3. Créer une fiscalité « qui récompense la prise de risque » et l'innovation en évoquant une réforme de l'ISF;
  4. Organiser le pilotage des comptes publics qui doivent passer par la « fixation d'un objectif de dépenses publiques »;
  5. Organiser le déploiement de la fibre optique sur l'ensemble du territoire français dans les cinq prochaines années;
  6. Transformer en allègements de charges le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi;
  7. Rétablir une police de proximité et un « dispositif de renseignement territorial ».
2017 - 2020 : ISF, Gilets Jaunes et Réforme des retraites.

Si lors de son élection à la Présidence de la République Française, Emmanuel Macron bénéficiait de 57% de français lui faisant confiance, ce score de popularité s'était inversé puisqu'en janvier 2020, 73 % des français lui déclaraient leur méfiance. Sa chute dans les sondages de TNS Sofres était vertigineuse.
De sa réforme de l'ISF au mouvement des Gilets Jaunes jusqu'à la réforme des retraites, la réalité faisait qu'Emmanuel Macron ne pouvait plus aller au théâtre se divertir sans une manifestation spontanée.


L'épisode du théâtre Les bouffes du Nord d'où il avait dû être ex-filtré en était le signe le plus visible.
Des personnels hospitaliers démissionnant en masse. Des avocats jetant à la figure de la ministre Belloubet leur robe professionnelle. Des professeurs avaient brûlé un livre suscitant l'indignation du ministre de l’Éducation Nationale rappelant que « Brûler un livre, dès qu'on a un peu de culture, c'est quelque chose qui fait mal, par l'acte en lui-même et par ce qu'il signifie sur le plan historique. Si cette personne est un professeur, elle n'est pas digne d'exercer ce métier » quand le ministre de la Culture Franck Riester comme des journalistes indignés comme Jean-Michel Blanquer étaient indifférents à ce que 140 000 livres soient détruits chaque année par l'industrie culturelle du Livre. Les journalistes dont les littéraires, les professionnels de l'édition et le ministre de la Culture silencieux étaient-ils dignes d'exercer leur métier ?
Les français, peu importe leur profession, manifestaient leur opposition à la politique d'Emmanuel Macron. L'Organisation des Nations Unies s'inquiétait des violences policières contre le peuple français, le Conseil de l'Europe s'inquiétait de l'influence des lobbys et d'une corruption potentielle du gouvernement constitué par Emmanuel Macron, les élections municipales voyaient leurs principes comptables modifiés avant leurs tenues. La confiance accordée aux journalistes était, également, au plus bas.

De l'imprimerie à Internet.

Si la raison était, autrefois, supposée être ce qui unissait les français, force était de constater, notamment avec la loupe grossissante des réseaux sociaux, qu'elle était fragmentée en une multitude d'interprétations diverses, de groupes polarisés, de rapports de force et de haine au point que la députée Avia avait fait voter une loi de censure qui transférait la justice de l’État de droit français aux plateformes américaines et leur modération dans des pays de culture législative différente de la France.

Avec l'imprimerie, la transmission de la culture orale, locale et la langue latine des rouleaux et codex avaient été remplacées par une transmission livresque et une culture alphabétique, ce qui avait permis la diffusion à grande échelle de nombreuses idées dont celles des Lumières comme elle avait conduit à la nécessité de savoir lire pour comprendre les textes et réfléchir afin d'imaginer des futurs désirables et viables. 
De là, la France avait évolué avec l'émergence d'une pluralité interprétative quant à un texte et son autorité, avec l'étude de son contexte de rédaction, sa réelle portée, son instrumentation du réel et ses potentielles instrumentalisations.

Si l'idée d'identité nationale avait émergé avec l'apparition du Judaïsme qui associait une terre avec une religion et une langue créant un peuple et une unicité, la réalité et la géographie des identités nationales se réalisaient avec l'apparition de l’État-Nation et du processus d'identification des individus à un héritage avec ses récits mythiques sur les origines devenues nationales quand l'Anthropologie et l'Histoire avaient d'autres explications.

De la réhabilitation de l'Antiquité avec l'invention de l'imprimerie au pluralisme interprétatif, la société devenait civilisation et civilisée. La philosophie et la Science se développèrent à partir d'une critique de l'herméneutique par les structuralistes, postculturalistes et postmodernistes et l'étude du cerveau humain avec les neurosciences montrait l'intrication entre la génétique, l'épigénétique, l'environnement et la culture. 
Les progrès techniques, scientifiques et des conditions de vie amenaient les citoyens constitués à prendre conscience que le monde d'une logique causale était passé à la complexité du réel et de ses interprétations. D'une origine divine et unique, soit simple, à un présent complexe où les flux de communication participaient davantage à embrouiller les esprits qu'à leur permettre d'appréhender le monde et sa réalité avec clarté. Les surcharges cognitives, communicationnelles et informationnelles participaient à un brouillard sans cesse plus grand.

Le journalisme, une activité militante au service de  ?

Le journaliste, ce quatrième pouvoir, se devait de respecter la vérité et la relater, peu importe les conséquences pour lui-même. Pour ce faire, ce défenseur de la liberté d'information, du commentaire et de la critique s'engageait à ne publier que les informations dont les sources étaient connues même s'il devait les protéger, sans les modifier ou les altérer et tout en respectant la vie privée des personnes. 
Afin de garantir sa neutralité, le journaliste s'engageait également à s'interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et à distinguer la publicité et la propagande de l'activité journalistique. Ces devoirs et obligations du journaliste lui offraient la garantie de pouvoir exercer son métier avec une indépendance économique, morale et matérielle afin d'exercer librement son rôle social auprès des citoyens. Indépendamment de ses propres orientations politiques, il devait faire preuve de neutralité et d'objectivité et non communiquer sa subjectivation du réel en fonction de ses partis pris. Un exercice délicat nécessitant un apprentissage singulier.
Les journalistes respectant cette charte établit à Munich permettaient aux hommes ordinaires d'élargir leur horizon des événements, de mieux comprendre leur propre situation et celles des autres plus éloignés quand ils n'avaient pas la possibilité de voir par eux-mêmes.
Le journaliste était alors étiqueté du même camps qu'un citoyen éclairé, soit du bon camps. Mais était-ce bien vrai, juste et bon ?

Renaissance ou Dissonance ?

Quand la presse appartient aux mains de quelques milliardaires, quelles sont les latitudes des journalistes, quelle est leur pluralité ? Les violences policières étaient-elles traitées de manière objective par les journalistes ? L'obsession de la nouveauté pour capter l'attention du citoyen et lui mettre la tête dans le flux informationnel permettait-elle une prise de distance sur les événements pour y réfléchir et non les subir ? 
Les images et vidéos véhiculées par les réseaux sociaux faisaient interroger plus d'un français sur l'objectivité des média d’État ou des oligarques, une certaine dissonance régnait.

La réalité du monde : une solidarité à géométrie variable.

Quand à la fin 2007, les pertes liées aux subprimes américaines étaient évaluées à 300 milliards de dollars, une somme, même si elle était importante, était absorbable par le secteur bancaire américain, que s'est-il passé ?
Fin 2009, le produit intérieur brut mondial s'est contracté à 3 800 milliards de dollars, l'endettement des états lui était estimé à 5 000 milliards de dollars et l'argent en circulation à 1 500 milliards de dollars. Le citoyen ordinaire a vu la dette financière devenir dette économique puis dette publique et enfin dette souveraine, soit une solidarité qui s'est mise en place pour sauver le système financier américain. 
Cette solidarité institutionnelle au secteur financier où le citoyen ordinaire n'a pas eu son mot à dire même s'il en a subi les conséquences comme depuis 2008 fait aussi que la capitalisation des retraites est la dernière solidarité imaginée pour sauver les financiers en cas de nouvelles crises et augmenter leur bonus en attendant.

De l’État-Nation souverain, garant de l'existence du citoyen à des organisations privées comme le sont celles du système financier qui s'approprient certaines ressources d'intérêt collectif en imposant une solidarité en dehors des règles du jeu démocratique, le risque ne pouvait être que permanent et toujours plus grand. Où était la raison ?

Le Français réel et l'Européen imaginaire.

Entre des autorités de concurrence et régulation qui interrogent, des progrès techniques qui permettent l'émergence de nouvelles monnaies déconnectées des ressources naturelles, quel avenir pour le français réel avec son identité et l'européen imaginaire construit  sur une mystification commerciale et monétaire ?

Il existe des intellectuels en Europe mais il n'existe pas d'intellectuels européens ayant une langue, une culture et un destin en commun. De la French Theory revisitée par les américains qui donne lieu à penser le monde en fonction du genre et non du sexe, de son ethnie d'origine et ancienne et non de sa culture de naissance et actuelle, à l'absence d'une European Theory qui nécessiterait l'homogénéisation des philosophies anglaises, françaises, allemandes, italiennes ou autrichiennes, l'européen est un être métaphysique quand le Français est un être physique avec un esprit différent de l'Allemand, par exemple.

Quelles étaient les vertus enseignées par le Président Emmanuel Macron ? 

La révolution selon Macron n'était pas la construction d'un nouveau Palais de la Raison Française, ni même Européen. Si les européens comme les français étaient devenus solidaires des risques financiers des américains, la solidarité de l'Europe à l'égard de ses citoyens n'était même pas balbutiante, il suffisait d'observer les taux de pauvreté en hausse et la surmortalité en raison de la pauvreté  et de la précarité croissantes dans chaque pays avec des différentiels d'espérance de vie de plus en plus importants. L'implosion du système était en cours sans prise en compte solidaire des états autrefois souverains comme de l'Europe, sans fraternité comme diraient les français.

Vastes questions journalistiques, philosophiques et scientifiques. La défense des Lumières passe par la reconstruction d'un Palais de la Raison et non des palais des passions où la désinvolture et l'ignorance délibérée permettaient à une présidence de se raconter et de raconter des histoires de flatteries.


La Présidence de la République avec Emmanuel Macron était-elle libre et moralement responsable ?
Comment la Liberté Française dans la trame des événements français, européens et du monde pouvait-elle exister et perdurer ?
Si l'Héritage du passé permet de s'instruire des anciennes thèses et arguments d'une histoire bi-millénaire, les connaissances contemporaines permettent d'aborder cette question brûlante du libre arbitre. La prise de décision avec la profondeur de la réflexion nécessite l'existence d'une diversité des alternatives considérées et ce sans être sous la contrainte des événements ou des personnes. Mais sans Palais de la Raison commune, tout cela n'est que bavardages ridicules. Les écoles comme les solidarités sont désormais dans les nuages. Le couple Macron organisait la vente du fait en France depuis l’Élysée transformé en lieu de foire éphémère. La révolution selon Macron était une braderie présidentielle.
La situation nécessitait un système français résistant autant à la pression constante des transformations du monde qu'aux contradictions entre consommateurs et citoyens, des marchés et de la réglementation, de la concurrence et de l'innovation technologique.
Ces systèmes organisationnels et technologiques exigeaient autant de maîtriser leur intégration, soit leurs interconnexions avec les systèmes sociaux et politiques, économiques et industriels, financiers et monétaires, de production et distribution de l'énergie, des transports et communications, mais également la prise en compte de l'émergence des propriétés nouvelles de ce système complexe où les changements d'échelles amènent à la création d'un nouveau cadre de pensée systémique.
La physique y avait déjà répondu avec la physique des particules, relative, quantique et la thermodynamique. La biologie y répond également avec l'intégration des mathématiques dans le vivant au point de savoir créer des robots vivants ou de mieux comprendre l'évolution de l'Homme avec la théorie de Darwin et le principe d'Hamilton puis de la psychologie évolutionnaire. L'architecture dialogue avec les sciences cognitives en plus des autres sciences avec lesquelles, elle avait pour habitude de réfléchir à de nouveaux espace-temps d'habitation, de travail, de loisirs, ...
Sans intuition et sans prise de risque, sans mise à jour des connaissances et des savoirs, seule une braderie était organisée par un énarque d'une techno-structure obsolète, dernier signe révélateur de l'incompétence du Président de la République Emmanuel Macron.



Les 4 épisodes précédents à retrouver sur le Blog Code 7H99 :

https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais.html
https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais_12.html
https://code7h99.blogspot.com/2020/01/la-lapidation-du-dernier-francais-des.html
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15 janv. 2020

La lapidation du dernier français : Les Misérables des Frères Musulmans à la cérémonie des Oscars

4eme chapitre
 

Quand les écarts de revenus sont trop grands, il n'y a plus de monde commun, de monde partagé entre ceux qui sont aux deux bouts de la société : les écarts trop élevés de revenus distancient et détruisent les rapports sociaux et la société elle-même d'autant plus quand sa devise est : Liberté - Égalité - Fraternité.

Si la desintruction nationale est bien à l’œuvre, à défaut de savoir lire, écrire, parler et compter pour  être en capacité de mener des expériences de pensée rationnelles afin de comprendre le monde et de l'expliquer tel qu'il est et non tel que l'on souhaite le penser ou l'interpréter, l'école publique continue d'enseigner le culte de la distinction sociale, ce snobisme avec cette unique question : A quelle classe sociale souhaitez-vous appartenir à l'issue de votre scolarité ce qui nécessite que chacun prenne conscience de sa classe sociale d'origine et s'en retrouve identifié ad vitam aeternam.

L'islamo-frerisme est un intellectualisme comme un autre

Une idéologie partage avec la Science, le fait d'inviter chacun à rejeter le témoignage des yeux et des oreilles. Si l'idéologie est toujours partielle et partiale face aux interprétations du monde, à la pluralité interprétative, la Science reconnaît que la pierre est un vide dur. 

Les rapports humains sont peu ou prou fondés sur une interprétation partagée, une interprétation mutuelle des intentions, toute perception est une interprétation et seule la Science permet de distinguer la viabilité de l'explication de l'interprétation avec ses déviances comme la paranoïa, les hallucinations ou de tristes tropismes.

Une hallucination est une perception fausse, soit que la personne est persuadée de percevoir réellement avec l'ensemble de ses sens. Des voix, des sons, des créatures, des odeurs, des sensations corporelles et des intentions de l'autre. Les causes de ces hallucinations ou de cette paranoïa peuvent être mentales ou biologiques comme suite à l’absorption de champignons hallucinogènes, d'alcool, d'une forte fièvre ou d'une dissociation psychique lors d'un traumatisme fantasmé ou vécu.

C'est parce qu'il a besoin de s'expliquer sur ce qu'il perçoit que l'être humain construit des scénarios d'après la psychologie sociale ou des fantasmes d'après la psychanalyse et la psychologie. Ainsi, en fonction des théories auxquelles il adhère, l'être humain confondra interprétation et explication en raison de la rationalité ou de l’irrationalité de son propre cadre théorique de pensée.


Si la philosophie naît de la capacité de l'émerveillement, l'interprétation naît de l'incompréhension. C'est parce que l'on ne sait pas, qu'on craint de ne pas comprendre, ou que l'on doute de comprendre, que chaque être humain est acculé à interpréter. Et cette interprétation vraie ou fausse, évidente et réelle ou imaginaire, s'origine dans le mystère, dans la distance au monde et à l'autre, dans cette irréductible altérité qui échappera à toute compréhension personnelle.

Si chaque homme ordinaire peut être un intellectuel, chaque intellectuel ne peut pas être, en fonction de sa bonne volonté, un homme ordinaire.

Des misérables de Victor Hugo à ceux de Ladj Ly, la question de la damnation en raison des classes sociales. Si dans la version de Victor Hugo, la solution s'exprime par la formule "Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons", l'adaptation contemporaine de Ladj Ly se résume à "Ouvrez des mosquées, vous fermerez des prisons". D'une libération par l'éducation et le savoir à une aliénation des principes républicains par la religion.

La lutte des classes se résumait en 2020 à une question purement économique avec une classe dominante qui s'accaparerait les richesses pour son seul pouvoir luttant contre des classes dominées tentant de la contrecarrer. 
Cette interprétation verticale où les mots classe supérieure et inférieure ne peuvent qu'émerger comme les corps sociaux des dominants avec de soi-disants privilèges inconscients et des classes dominées exemptées de toute critique et ainsi éternellement condamnées à être vaincues. 
D'un fait social établi aux détails les plus intimes de la vie quotidienne, l'injustice serait nécessairement permanente, et elle serait vécue par tous les sens du corps et de l'esprit. 
L'humiliation sociale relatée par les bons élèves des classes populaires intégrant les grandes écoles dans les articles de journaux rendait tout cela vrai. L'interprétation et l'explication étaient confondues, mais était-ce bien vrai, bêta et évident ?

L'humiliation sociale et l'exigence d'égalité ?


Les expériences d'humiliation sociale étaient nombreuses en France dans ce début de 21è siècle malgré le succès de l’œuvre de Victor Hugo, deux siècles auparavant. Sibeth Ndiaye pouvait dormir à l'Assemblée Nationale sans risque pour son poste, Adama Cisse était licencié pour faute grave.

Si la domination de classe semblait inéluctable dans le passé, les progrès techniques, scientifiques et des conditions de vie devraient permettre d'assurer à chaque humain des conditions de vie décente. Le Monde n'avait jamais été autant riche et en mesure de produire des richesses diverses.

Si les intellectuels se saisissent de la théorie marxiste comme les islamo-freristes se saisissent des concepts de décolonialisme, blanchité et islamophobie, les deux comme un seul sont dans la même volonté d’interpréter le monde avec une lutte des corps qu'ils soient économiques ou religieux et non d'expliquer le monde réel ordinaire avec rationalité en prenant comme socle l'intrication de la génétique, l'épigénétique, la culture et l'environnement.

L'objectif n'est pas et ne sera jamais de mettre un terme à la lutte des classes avec les principes de domination mais de remplacer un dominant par un autre oubliant qu'un seul dominant peut perdurer, l'universaliste. Il finit toujours par triompher car il garantit à chacun de pouvoir exister paisiblement tout comme la vérité scientifique triomphe toujours des vérités philosophiques ou religieuses. 

Si l'appartenance de classe est bien une donnée constitutive de l'identité de chacun, lutter contre les classes s'est d'abord lutter contre soi, lutter contre son identité, lutter contre ses expressions, ses comportements, ses modes de pensée qui font que chacun est d'une classe initiale qu'elle soit économique, sociale, religieuse ou philosophique.

Qu'est-ce qui est reproché aux "petit-bourgeois" ?
D'être des personnes des classes moyennes ayant comme fantôme de pensée la grande bourgeoisie. De même, les grand-bourgeois avec leur volonté de devenir aristocrates en singeant leurs mécanismes de reproduction, de socialisation, etc.
Les fonctionnaires de l’État se distinguent des classes moyennes économiques non par le revenu, ils ont les mêmes, voire sont mieux rémunérés et vivent dans le confort de ne pouvoir être licenciés, mais par leur esprit de corps qui s'assimile à une noblesse d’État, une autre forme de l'aristocratie. 
Les uns n'auraient que le bien commun en objectif et les autres une vie mercantile. Ce manichéisme est bon pour les contes d'enfants et non pour les adultes et encore moins pour notre Homme ordinaire.

Le Frère Musulman présenté par Ladj Ly est un universaliste dévoyé.
Dès 2012 avec les attentats de Mohamed Merah, quelle est la réponse gouvernementale avec le Président socialiste François Hollande ?
Latifa Ibn Zlaten avec son voile islamique fait le tour des écoles, dérogeant à tous les principes de la laïcité. Le terrorisme islamique est considéré comme l’œuvre d'un loup solitaire sur le territoire national en même temps que la France avec les ministres Laurent Fabius et Jean-Yves le Drian arment des factions djihadistes en Syrie.
Dès 2015, avec les attentats de Charlie Hebdo puis du Bataclan, les ministres Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Christiane Taubira ne cessent d'expliquer que les français seraient racistes et anti-musulmans suite à leurs réactions aux attentats et aux revendications des associations musulmanes et de leurs demandes d’accommodements. La ville du ministre Benoit Hamon, Trappes,  est la ville de France d'où sont partis le plus grand nombre de Jihadistes, 85, entre 2012 et 2018. L'explication sociale et la haine du musulman sont mises en avant quand Chanteloup-les-vignes, accolée à Trappes et dont les conditions économiques sont identiques ne connaîtra aucun départ.
Du gouvernement socialiste et ses intellectuels associés aujourd'hui chez la France Insoumise aux prédicateurs religieux, le même discours est tenu participant à donner la même image conforme du bon et du mauvais musulman indistinguable de l'islamiste et oubliant qu'en France, une personne née dans une famille musulmane pourrait faire le choix de l'apostasie.
La radicalisation est expliquée comme réponse au "racisme socio-économique et religieux", une aberration sémantique et républicaine. Les femmes rejoignant Daesh sont considérées comme victimes par les féministes françaises dont la ministre Laurence Rossignol avec le prétexte du patriarcat et de la domination masculine. Ainsi, le quinquennat Hollande aura vu la figure du terroriste comme celle d'une personne victime de la France, une inversion totale que l'on retrouve dans le film des Misérables de Ladj Ly qui a ému le Président actuel Emmanuel Macron. L'aberrante histoire continue, le clientélisme électoral se poursuit, des religieux radicaux sur les listes électorales à des postes en mairie en passant par les autorisation d'écoles hors contrat où les programmes scolaires font de la lutte contre l'antisémitisme,  l'homophobie ou le sexisme des grands absents et les subventions à des associations confessionnelles anti-républicaines et sectaires.

Chaque classe, de l'ouvrier à l'intellectuel, de l'athée au religieux est reconnaissable à son corps, à ses gestes, à ses pensées, à ses sentiments et sa vie quotidienne tout comme l'Autiste est différent du non-autiste, ils ont des cerveaux différents, vivent et expriment des émotions différemment pour autant si les autistes ont été éloignés pendant un temps, ils sont aujourd'hui de plus en plus intégrés. Ils forcent la reconnaissance de leur altérité car elle est neuro-atypique ou neuro-diverse, les barrières ne sont donc pas infranchissables entre les individus même si chacun a son identité initiale.


Entre les diverses formes de répulsion ou de mépris reposant sur de fausses idées, des préjugés en raison des distinctions qui font aussi que chacun est également unique et irréductiblement différent d'un autre, aucune lutte des classes ne peut exister sans conduire à une chevauchée dans les ténèbres.

L'égalitarisme, contrairement à l'égalité, conforme à une idéologie a débouché sur le nazisme avec Hitler et ses millions de morts ou à Staline ou Mao avec leurs goulags, camps de rééducation et leurs millions de morts à nouveau.
Pour autant, leur collectivisme a permis contrairement au libéralisme non régulé de redresser l'économie allemande pendant la période nazie et aux économies russes et chinoises de nourrir leur population et de se développer pour la Chine jusqu'à devenir la première économie mondiale et une superpuissance quand l'ex URSS avec son communisme et son oligarchie bureaucratico- économique s'est effondrée.

Les religieux comme les intellectuels ne visent pas uniquement le pouvoir mais le contrôle des pensées individuelles pour faire fi de l'expérience de chacun et de ses émotions.
Ce qui rend l'idée totalitaire d'un islamo-freriste ou d'une astro-féministe, c'est sa capacité à briser le lien que chacun fait avec le monde ordinaire et l'altérité. Ce n'est pas son contenu particulier mais son mode de fonctionnement.
Proclamer qu'une partie des choses terrestres est haram ou hallal ou relevant d'une masculinité toxique et d'un astro-féminisme guérisseur revient à priver chacun de sa capacité d'entendement et de sa relation au monde. Ces dogmes irrationnels peuvent s'appuyer sur le scepticisme philosophique qui permet d'affirmer que le monde réel n'existe pas.

Les intellectuels comme les religieux sont des Hommes de mots et de maux. Ils vivent dans leurs mots et maux, le monde n'existe pas par leur regard, leur toucher, leur odorat et leurs expériences du sensible mais par leurs mots. Le pouvoir sur les esprits est toujours une œuvre d'intellectuels exercée par des intellectuels et non les Hommes ordinaires. 

Le patriotisme des déracinés tient à leur acceptation et exigence d'une honnêteté commune, là est l'égalité et non l'égalitarisme, au lieu d'une révolution illusoire promue par des intellectuels qui se veulent classes dominantes car persuadés d'être rares.

L'intellectuel, le militant et le religieux engagés se poseront toujours en autorité dictant aux autres leur conduite, leur manière de penser le monde, ils les assujettissent par ce même exercice et ne se distinguent plus des autres expressions de l'autoritarisme. 
L'Homme Ordinaire est un intellectuel qui n'oublie pas la démocratie, il l'incarne au quotidien et non dans les mots de ses discours. Il ne discourt pas sur la démocratie, il est démocrate.

L’Intellectuel Ordinaire sans ignorer le rôle de la passion, de l’affectif, de la violence et généralement de l’irrationnel dans les relations sociales étudie la souffrance produite par l’injustice et ses raisons. Quant aux conflits les plus violents, y compris les conflits avec soi-même, ne portent-ils pas en effet sur les valeurs et les idées ?


Les tyrannies intellectuelles et religieuses s'appuient sur le mensonge et les préjugés en privatisant également l'espace public aussi bien en mettant des grilles avec des horaires d'ouverture aux jardins publics qu'en l'occupant lors de prières publiques. L'espace public n'est plus commun. La démocratie fait des espaces publics des lieux de raison où chaque citoyen éclairé peut débattre pacifiquement. Les vérités subjectives sont explicables par la rationalité et la raison, ainsi seule une vérité objective peut être partagée, faisant alors le lien avec chaque bout de la société. La démocratie ne saurait exister autrement.
Le savoir n'est un pouvoir qu'avec les intellectuels et les religieux, les Hommes Ordinaires sont amis de la vérité et de la démocratie. Ils ne sont pas dominés par les savants, ils leur délèguent ce travail. Le fait scientifique est indépendant de l'humain même s'il le rend intelligible.

Se respecter, c'est penser par soi-même tel est l'héritage des Lumières qui devait être détruit pour que l'équation 2 + 2 = 5 soit partagée comme vraie pour croire que le Frère Musulman permet l'émancipation de l'individu et le fait citoyen.

Les épisodes précédents 

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14 janv. 2020

La lapidation du dernier français : Des entrailles de l'animal au tweet jusqu'à l'attentat

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Aussi bien chez les grecs de l'Antiquité, les perses, les babyloniens ou encore les pharaons, savoir prédire les événements était une interrogation scientifique. L'art de la divination était alors considéré comme l'intersection de plusieurs sciences : la météorologie, l'astronomie et les mathématiques jusqu'à la lecture des entrailles d'animaux sacrifiés.

En 1876, Cesare Lombroso publiait L'Homme Criminel, un ouvrage dans lequel il défendait l'idée que les criminels sont identifiables à leur morphologie et il proposait des mesures de sûreté afin de protéger la société de leurs agissement à venir avec une incarcération d'anticipation. La criminologie se saisit de sa théorie.

La science progresse et la justice avec l'aide de la criminologie diversifie ses réponses. De l'incarcération à la réhabilitation, les criminologues cherchent et proposent toute une série d'outils afin d'évaluer les risques de récidives, la dangerosité d'un criminel, la détention préventive, les périodes de probation, la libération sous caution ou l'internement forcé. 

La justice et la société s'interrogent alors sur la violence, ses caractéristiques et ses déterminants, ce  qui amène à une recherche d'équilibre entre prévenir, se prémunir et guérir, soit également une question de santé publique. 

Les recherches progressent avec le développement des mathématiques et des neurosciences, entre la prédiction d'événements et les signes neurologiques de la violence par l'existence d'un biomarqueur cérébral caractéristique par types de violence.

Déjà en 1972, Lorenz avec « Prédictibilité : le battement d'ailes d'un papillon au Brésil provoque-t-il une tornade au Texas ? » venait renforcer les criminologues sur la question des conditions initiales et des bénéfices de la neuroprédiction face aux diagnostiques faillibles des psychiatres et psychologues pour prévenir d'une récidive.

L'entrée en scène du numérique et du machine learning.

D'une logique de diagnostiques à une logique préventive à l'aide de la neuro-imagerie et des calculs de probabilité : Twitter et l'anticipation des crimes.

Alors que les études tentent de prédire la récidive à partir du passé du criminel et de son cerveau, des conditions d'incarcération et du milieu dans lequel va évoluer le criminel libéré,  les mathématiques avec le développement des statistiques permettent grâce aux algorithmes de prédire les occurrences et la géolocalisation de la criminalité dans les grandes villes. Si certains criminels ont annoncé leur passage à l'acte sur des réseaux comme lors d'attentats aux États-Unis, les algorithmes permettent également à partir d'autres conditions initiales de prédire des actions criminogènes à partir de Twitter.

L'estimation par noyau, une méthode probabiliste, permet, par exemple, quand différents tweets évoquent dans une même zone géographique, une forte consommation d'alcool, d'établir un risque délictuel ou criminogène élevé et de le prévenir.

Fort de ces connaissances, notre homme ordinaire commença à considérer les mouvances terroristes non pas comme une somme d'individus mais comme un "Moi groupal", passant du niveau individuel au niveau phénoménal. Considérant que le passage à l'acte dépendrait du contexte, il devait alors s'interroger sur les conditions initiales de chaque événement en fonction des éléments déclencheurs comme une forte dissonance cognitive où l'un des individus de ce "moi groupal" ne pourrait s'en échapper que par un suicide religieux, soit un attentat. L'étude des conversations sur twitter s’avéra riches d'enseignements.
Le relativisme qui régnait sur Twitter garantit le droit des minorités à défendre leur propre vision du monde, des LGBTistes comme des islamistes ou des féministes se sentant violées par un regard. Certes, ce relativisme à l'emporte pièce peut offrir temporairement une protection efficace. Mais, fondamentalement, il est contradictoire avec tout projet d’émancipation car il dépossède ceux qui se vivent comme dominés des armes de la critique. Ils vivent dans une double pensée qu'ils se créent eux-mêmes, en pleine dissonance cognitive.


En détruisant l’espace des raisons, le relativisme enferme les plus faibles dans le seul espace des rapports de force où ils seront, par définition, toujours les vaincus.
De là, il réussit à prédire chaque attentat du Bataclan à Nice, de Strasbourg à Lyon, de Paris à Villejuif, etc... pour paraphraser : " Un tweet clash entre indigénistes et les autres provoque-t-il un attentat ? ". Il préviendra, sur twitter, chaque attentat avec l'expression dièse #InOdinWebTrust attirant l'attention de différentes agences de renseignement. Chacun de ses tweets étant horodatés, il ne pouvait être accusé de prédictions illusoires comme il l'avait expliqué dans un moment twitter avec "Et l'Homme créa une prophétie".

Une équipe d'autistes Asperger du renseignement français s'approcha de lui pour tenter de comprendre la qualité de ses prédictions. Il leur indiqua l'intérêt du prisme de la synesthésie spatio-temporelle conjuguée à la cognitive. Ils repartirent à leur modélisation sans remerciement.
Quant à lui, il devenait l'ennemi à abattre, une chasse à l'Homme commença qui amènerait à sa lapidation, il en savait trop sur les errements étatiques et associatifs français.

Les intellectuels de la criminologie n'étaient ni des amis de la vérité ni de la démocratie, leur sentiment de supériorité en était le frein majeur tout comme leurs croyances dans la sociologie dont ils étaient majoritairement issus, réduisant la recherche scientifique à rien et instrumentalisant la criminologie à des fins de réussite personnelle, ils continueraient à subir les événements à défaut de les anticiper. Ils tenaient à leurs postes et mettaient tout en œuvre pour préserver leurs fonctions aussi inutiles étaient-elles devenues dans un monde interconnecté où les ordinateurs supplantaient le nombre de professeurs, où le savoir était en accès libre tout comme le Machine Learning.

Entre des déterminismes génétiques, biologiques et des comportements sociaux aléatoires, la question d'une éthique de la connaissance pour renforcer les institutions aurait dû être primordiale mais aurait-il fallu que 2 + 2 = 4 soit l'objectif.

Si les hommes ne deviennent pas meilleurs que leurs religions, le monde devient effectivement un enfer. Ils ne sont pas des êtres de savoir, ils ont appris des choses car ils ont été convaincus par d'autres disposant d'une légitimité religieuse et non scientifique mais ils n'apprennent plus rien d'eux-mêmes et sont dénués d'une éthique de la croyance, l'Homme sage proportionne sa croyance aux preuves.

« Lors de réunions, j'ai régulièrement été présenté à des personnes qui, selon les normes traditionnelles, sont considérées comme très éduquées ; elles ont souvent exprimé, avec grande vivacité, leur étonnement du manque de culture des scientifiques. Quelquefois, on m'a interpellé et j'ai répliqué en demandant aux invités combien parmi eux pouvaient expliquer le deuxième principe de la thermodynamique. On m'a répondu froidement, car personne ne connaissait la réponse. Pourtant, je n'ai demandé que l'équivalent scientifique de : Avez-vous déjà lu une œuvre de Shakespeare ? Présentement, je pense que si j'avais posé une question plus simple — disons, qu'est-ce que la masse ou l'accélération ?, l'équivalent scientifique de Savez-vous lire ? — moins d'une personne sur dix parmi les gens très éduqués aurait compris que je parlais la même langue. Le grand édifice de la physique moderne est donc ignoré, et la majorité des gens les plus intelligents de l'Occident sont pareils à leurs ancêtres du néolithique à cause de leur connaissance sommaire. »
Charles Percy Snow, 1959

12 janv. 2020

La lapidation du dernier français : l'Homme ordinaire face au numérique et à l'intelligence artificielle.

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Des philosophes de l'Antiquité, de la Perse et du Levant, le temps avait rythmé les discussions entre le réel et l'imaginaire, entre l'entendement et l'imagination. Le premier savoir-faire du philosophe était la capacité d'examiner de façon critique un raisonnement, de le défendre, de le réfuter ou de l'amender.
La philosophie comme la psychanalyse proposaient  d'établir et d'expliquer que le réel et l'imaginaire étaient le fondement de la conscience humaine. Si dans le monde imaginaire, chacun pouvait s'affranchir des lois physiques et biologiques, cela nécessitait de les connaître. Le temps régnait en maître comme l'espace. Ils étaient dissociés et disposaient depuis Newton d'une théorie scientifique.

Quand au début du 20e siècle, Einstein expliqua l'intrication entre le temps et l'espace, la physique progressa mais aucune remise en cause de la philosophie ne fut orchestrée. La science de la pensée ne mettait pas ses connaissances à jour et continuait son cheminement en dehors de l'espace-temps. Seuls les auteurs de Science-fiction s'emparaient des progrès de la Science pour imaginer d'autres futurs réalistes et établir un dialogue réciproque entre les scientifiques et la littérature d'anticipation.
Quand Bruno Latour ou Michel Foucault allaient jusqu'à affirmer que le monde réel n'existait pas. Leur argumentation reposait sur l'idée de la construction de la connaissance qui permettait d'établir les concepts tels que la vérité, l'objectivité et la raison pour aboutir à l'affirmation consensuelle que le monde réel n'existait pas, c'était une construction.
La Terre n'était plus âgée de plusieurs milliards d'années, elle était née en même temps que les philosophes Roi.

Quand au début du 21e siècle, la réalité virtuelle fit son apparition, écartelant le dualisme réel / imaginaire, l'Homme ordinaire put faire une expérience concrète de son imagination. Cette hybridation débouchait sur un imaginaire désormais réaliste avec l'intégration des lois physiques et biologiques.
Les mouvements postmodernistes ne comprenaient pas encore que leurs théories constructivistes étaient entrain d'être balayées. La Femme ne devenait pas Femme, elle l'était déjà. Le genre n'était  pas une question de construction sociale comme la parentalité, il s'agissait d'abord de phénomènes biologiques qui induisaient un attachement biologique avec des sentiments primaires indépendants de la volonté humaine.
La vérité n'était pas une construction humaine mais la réalité des choses. Chacun pouvait disserter du temps, lui donner une définition et un contexte. Les chercheurs constructivistes avaient oublié que les équations du temps dépendent d'un référentiel de Newton et de Einstein, elles s'expriment donc depuis leur formalisme, elles peuvent parler d'où elles sont et non depuis l'humain qui les contemple. Là était leur erreur. Le monde réel existait bien avec sa vérité indépendante de l'Homme et de ses aliénations.

Contrairement aux philosophes, les scientifiques dévoilaient les vérités universelles du monde et les logiques qui faisaient que certains humains les réfutaient et s'attachaient à leurs croyances illusoires comme décider de n'être ni homme ni femme ou quand ils le souhaitaient ou qu'un parent d'adoption ou d'intention était l'équivalent d'un parent biologique oubliant, là encore, que la vérité finit toujours par triompher malgré les dénis initiaux et les conséquences désastreuses sur les générations suivantes.
Tout comme les découvertes d'Einstein ne servaient pas à réinterroger les pertinences philosophiques ou sociologiques, la réalité virtuelle ne faisait pas s'interroger les sciences humaines et sociales, les historiens, les anthropologues socio-culturalistes, les psychologues d'inspiration freudienne et lacanienne, les critiques littéraires et d'art, les historiens des religions, les mythologues, les experts en communication, les politologues, et autres intellectuels s'interrogeant sur le réel et ses niveaux ou comment les constructions symboliques de chaque culture opéraient encore dans les modes de pensée et les rapports humains.

Pourtant le réel et sa réalité virtuelle avec leurs modélisations permettaient aux biologistes, aux économistes comportementalistes, aux gestionnaires et informaticiens, aux sciences et technologies appliquées de distinguer le réel et l'imaginaire des idéologies et courants philosophiques. Leurs hypothèses et leurs travaux de vérification et de validation permettaient d'identifier les constructions imaginaires et les solutions sans issue.

Chaque imaginaire, qu'il soit religieux, mythique, social, politique, littéraire, pictural, scientifique, science-fiction et virtuel pouvait être abordé et exploré par de multiples portes d'entrée ordinaires en ayant recours à la réalité augmentée et virtuelle ancrée dans le réalisme du quotidien et percer les sciences humaines et sociales, et les sciences expérimentales grâce à la transdisciplinarité dépouillée des analogies limitantes et ainsi faire son entrée dans les institutions afin d'optimiser le droit et l'éducation par de meilleures méthodes d'apprentissage, le travail et l'économie par une meilleure étude d'impact de la consommation, de la production et du patrimoine, d'expliciter les bénéfices de l'intelligence artificielle et l'utilité du numérique pour le progrès humain s'appuyant sur les progrès techniques, scientifiques et des conditions de vie.

L'Homme ordinaire savait depuis 1972 avec les travaux du club de Rome puis des rapports plus précis du GIEC qu'il devait changer son avenir à partir du réel et non d'un imaginaire où les apôtres du malheur étaient féconds en peurs qu'ils soient théologiens, collapsologues ou militants des politiques identitaires.

La situation en 2020 faisait que si une partie de l'humanité n'avait pas connu la guerre sur son sol quand d'autres ne connaissaient que cela, le bilan mondial était qu'en ce début du 21e siècle, le nombre de morts par guerre était le plus bas depuis la dernière guerre mondiale. Les gens partout dans le monde étaient plus riches et vivaient de plus en plus longtemps, mieux nourris, mieux éduqués, travaillant davantage. Pour autant, il fallait changer de système car chacun savait que c'était sans avenir durable.

Pour la France, la démocratie allait-elle perdurer ?
L'étude des génocides et des guerres permettait d'établir des constantes qui devaient mettre en alerte chacun. Les régimes autoritaires et les crimes de masse précédents semblaient répondre au même processus et cela faisait consensus comme engrenages débouchant sur la fin d'une période démocratique.

Les modélisations et le recours au virtuel permettaient de se prémunir non des peurs imaginaires qui régnaient en France mais des dangers menaçant la Démocratie et la République par l'observation des signes réels, les fameux liens faibles.

Entre les développements des clichés et des préjugés, de la peur et du rejet de l'autre, de la xénophobie, du racisme et de l'antisémitisme, et des frustrations et des jalousies, les violences mimétiques ne pouvaient qu'augmenter et favoriser des minorités agissantes au sein d'une majorité passive et silencieuse. Les insultes, menaces et appels à l'exclusion favorisaient toujours la recherche de boucs-émissaires et du complotisme, la manipulation du langage amenait alors ses crises et déstabilisations qui conduisaient presque systématiquement à la perte des repères démocratiques avec le rejet des élites éclairantes jusqu'à la radicalisation de chacun contre tous. La surveillance généralisée, les appels à signalement, le sentiment croissant d'insécurité et les internements d'office en hausse contribuaient à une extension des persécutions, des discriminations et des exclusions légalisées. L'histoire avait déjà tant montré que la fin de l'état de droit par les urnes ou par la force devenait alors inévitable comme le contrôle des média.

L'Homme ordinaire connaissait et reconnaissait ces signes avant-coureurs mais qui irait croire un homme ordinaire quand on est un intellectuel qui n'avait pas su voir venir aussi bien la Révolution Française que la crise des Gilets Jaunes ou l'essor de l'islamisme dans toutes les institutions françaises ?

Le moment était, peut-être, venu de revenir sur cette "problématique postmoderne" et d’inciter tous ceux qui s’interrogent sur les lois régissant la réalité à reprendre les questions en postulant l’existence d’une correspondance entre la réalité et nos représentations, et en posant que la science a précisément pour objet d’expérimenter, d’approfondir et de problématiser ce rapport en éclairant, sans idéologie, les situations.


11 janv. 2020

La lapidation du dernier français : Variation dystopique.

2020 : L'année d'un nouveau mot-clef #Dystopie sur le Blog Code 7H99.
Bien évidemment, nous n'avons pas la prétention de savoir écrire, il faudrait que nous soyons sûrs que vous sachiez lire. Or, d'après René Chiche, la desinstruction nationale a fait son œuvre. En attendant, voici le premier épisode de notre essai de babillage raisonné : La lapidation du dernier français.



Ce dernier homme français ordinaire proportionnait sa croyance aux preuves, c'était son éthique, du moins c'est ce qui faisait son éthique depuis 1905 avec la loi sur la Laïcité. Ce français ordinaire était convaincu qu'imposer sa croyance en cette éthique aux autres était de l'immoralité. En effet, son éthique était-elle juste, démontrable, raisonnable ?

Lors de la période des trente glorieuses, qui signifiait aussi la fin de la seconde guerre mondiale, personne ne se demandait qui avait gagné, c'était une évidence partagée. Le progrès avait gagné, l'obscurantisme vaincu. Mais était-ce si vrai ?

En 2020, la France disposait de chaînes d'information d’État auxquelles les français contribuaient financièrement et juste financièrement et où la présidente de France Television Delphine Ernotte réclamait un arsenal juridique pour lutter contre l'américain Netflix. Entre sa politique issue de la discrimination positive et son offre télévisuelle et radiophonique, la culture française devrait-elle son existence et sa survie à une guerre et à des discriminations ? On pouvait entendre sur la radio d’État que le management moderne d'entreprise était d'inspiration nazie. 
L'historien Johann Chapoutot avait publié un ouvrage Liberté d'obéir : Le management du nazisme à la RFA chez Gallimard, il était interviewé par Raphaël Bourgois dans l'émission La Grande Table Idée de France Culture. Le management, du nazisme à la mondialisation, ou l’art de produire le consentement et l’illusion d’autonomie chez des sujets aliénés. S’il ne dressait pas un réquisitoire contre le management et s’il ne disait pas non plus qu’il s’agissait d’une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot, soulignait une continuité entre les techniques d’organisation du régime nazi et celles que l’on retrouve aujourd’hui au sein de l’entreprise, en atteste la condamnation récente de l’entreprise France Télécom devenue Orange et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".
Pour beaucoup, il s'agissait d'un Point Godwin, une perte du sens critique et de la raison. L'obscurantisme avait été vaincu, ne l'oublions pas mais était-ce vrai ?

Qui faisait l'unanimité chez les philosophes français de l'extrême-droite à l'extrême-gauche ? Heidegger, un philosophe allemand qui avait influencé le couple pédophile Jean-Paul Sartre et  Simone de Beauvoir, Jean Beaufret, Emmanuel Levinas, Jacques Derrida, Maurice Merleau-Ponty ou encore Michel Foucault avec ses ouvrages Etre et Temps et Apports de la philosophie : de l'Avenance. Heidegger, un soutien du régime nazi et ennemi déclaré du rationalisme. Sa foi dans la pensée sous couvert de philosophie était partagée par de nombreux intellectuels français avec lesquels il partageait ce mépris des plus profonds pour les hommes ordinaires, ceux qui s'intéressent au calcul, à la technique et à la raison, ceux qui ont une éthique de la connaissance et n'imposent pas leurs croyances aux autres. Le plus ironique dans cette tragédie qui conduira à la lapidation du dernier français était le sentiment de supériorité d'un Heidegger et de ses suivants en raison de la croyance que la philosophie était une science de la pensée alors que sa connaissance était infantile et le rendait incapable de s'apercevoir qu'il n'était qu'un philosophe Roi ayant besoin d'assujettis pour lui donner existence comme tous ses enfants spirituels, les postmodernistes autant religieux que le premier des catholiques, des musulmans ou des juifs et autant radicaux que n'importe quelle secte mortifère exigeant bûchers médiatiques et mort sociale de l'altérité. Ils étaient aidés dans leurs tâches par la députée Laetitia Avia avec sa loi de censure sur les réseaux et ses morsures aux hommes ordinaires qui font office de taxi pour gagner leur droit d'exister.

La philosophie des Bäumler, Klages, Spengler et Heidegger avait été refoulée, ce qui signifiait aussi qu'elle allait prendre d'autres formes pour s'exprimer. La mise en garde d'Orwell en 1948 avec 1984 était restée lettre morte. Pourtant de 2 + 2 = 5 à le sexe d'un humain dépend de l'humain, la même irrationalité parcourait la pensée. Si penser que 2 + 2 = 4 et le reste suit est vrai alors le sexe de l'humain ne peut dépendre du regard de l'humain sur lui-même.

Ceux qui se sont tournés vers la philosophie existante trouvent, non un corps de vérités, mais son histoire. C’est donc, semble-t-il, un fait indubitable que, avant toute définition et toute recherche, l’histoire de la philosophie soutient avec la philosophie en général un rapport spécifique, très différent du rapport entre l’histoire des sciences et les sciences en général. L'homme ordinaire et plus encore le français ne pouvait vivre en philosophie depuis 1905, sa croyance avait besoin de preuves. Les preuves seraient annihilées par la double pensée, la convergence d'intérêts et l'absence totale d'éthique d'un pouvoir présidentiel apeuré par d'ordinaires Gilets Jaunes.

Le français ordinaire n’était ni le militant ni le citoyen. L’horizon de ses jugements n’était ni l’histoire de l’humanité ni la nation, mais le monde concret et particulier de son expérience, celui sur lequel il a prise et où ses actes ont un sens pour lui. Ni les doctrines morales ni les idéologies politiques n'étaient les véritables ressorts de sa conduite, le plaisir et le bonheur de la seule réalité lui suffisait. Il fallait donc le lapider pour que  l'équation 2 + 2 = 5 devienne vraie et seule interprétation du monde.



A suivre

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7 janv. 2020

De Charlie et la Daeshetterie à Nathan le Chahid : La crise humanitaire de la liberté d'expression

Le 7 janvier 2015 vers 11h30, les frères Kouachi entrent dans les locaux de Charlie Hebdo et font usage de leur kalachnikov.



Parmi les victimes se trouvent les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Wolinski, l'économiste Bernard Maris, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, Michel Renaud, invité de la rédaction, le correcteur Mustapha Ourrad, deux policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, et l'agent de maintenance Frédéric Boisseau.


Le 8 janvier 2015, Amedy Coulibaly, un français proche des frères Kouachi, tue par balle Clarisssa Jean-Philippe, une policière municipale à Montrouge. Le lendemain, il prend en otage les clients d'une supérette casher à la porte de Vincennes à Paris et en tue quatre, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada. Il est abattu lors d'un assaut du RAID et de la BRI. Il affirmait agir au nom de l'organisation djihadiste Daesh.

Edwy Plenel et le terrorisme

Edwy Plenel, après avoir appelé à défendre inconditionnellement les terroristes de l'attentat tuant 11 athlètes israéliens à Munich en 1972, tweetera en 2015 à propos des Frères Kouachi. En 2017, il accusera le journal Charlie Hebdo de faire "la guerre aux musulmans", ce qui sera qualifié par Riss, un survivant de l'attentat comme un nouvel appel au meurtre contre lui et son équipe.


Le terrorisme en débat binaire
 
En ce jour de commémoration de l'attentat qui a frappé Charlie Hebdo et fait douze morts, le hashtag #JeSuisCharlie refait son apparition sur les réseaux sociaux.
Une partie de la population française réaffirme son attachement à #JeSuisCharlie et une minorité quant à elle y réaffirme son opposition en expliquant qu'il s'agit d'une injonction qu'elle est libre de ne pas suivre. Une partie radicale de cette minorité va jusqu'à twitter la justification des attentats avec #JeSuisKouachi. L'équipe actuelle de Charlie Hebdo publie un numéro sur les nouvelles censures et de nombreux journaux ont publié des articles sur le droit au blasphème, la liberté d'expression et les projets de conquête des islamistes en Europe.

Les débats en France lors d'une attaque au couteau, à la voiture ou à la kalachnikov au cri d'Allahu Akbar posent la question de la santé mentale versus le terrorisme. Certains pensent se poser en sages en expliquant que les deux peuvent être liés.
A chaque attentat islamiste, les discours insistent sur la priorité de ne pas stigmatiser les musulmans et le recours à l'argument du déséquilibré, éludant la stigmatisation des personnes ayant des pathologies psychiatriques, fait son apparition suivant les analyses et instrumentalisations diverses autant par des associatifs que par des politiques.
Il est facile de se rendre compte que ce double binarisme sur qui est ou peut être stigmatisé et sur qui instrumentalise ne permet pas d'analyser les événements mais enfermera chacun dans les clichés et les préjugés.
Dans une société française de plus en plus sectaire et ignorante s'opère une réduction de l'altérité, de la circulation des idées, des images et des discours.

Raphaël Enthoven débat de la liberté d'expression

A titre d'exemple pour illustrer notre propos, le thread du professeur de philosophie Raphaël Enthoven :
0 - En cet anniversaire lugubre, et avant de se taire un peu, il convient de rappeler quelques évidences malmenées. #Charlie Hebdo
1 - Ce que montre Charlie Hebbo est libertaire. Et nul n'est tenu d'aimer ça. Mais ce que représente Charlie Hebdo est la liberté. Et chacun doit défendre ça. Suspendre le soutien à CH au contenu de ses dessins, c'est transformer une affaire de principe en question de goût.
2 - Les gens qui accusent Charlie Hebdo de "jeter de l'huile sur le feu" oublient un peu vite que le problème, c'est le feu. Pas l'huile. Quand un plat est empoisonné, celui qui met les pieds dedans est un bienfaiteur.
3 - Ceux qui disent "Ce n'est pas le moment de se moquer..."auront toujours une raison de dire ça. Jamais la société ne sera assez pacifiée pour qu'on se moque les uns des autres sans vexer qui que ce soit. Dire "Ce n'est pas le moment" = "dire "Ce n'est jamais le moment".
4 - Les gens qui disent "La liberté de la presse ? Oui, mais attention au blasphème !" ne sont pas des gens mesurés, mais des lâches qui donnent à leur trouille les contours flatteurs de la pondération. Et dorment tranquilles après avoir botté en touche.
5 - Les gens qui disent "Bien sûr, c'est horrible mais enfin, ils ne l'ont pas volé non plus !" ressemblent (en plus dramatique encore) à ceux qui, en cas de viol, s'en prennent à la tenue de la victime avant de dénoncer son agresseur.
6 - Les gens qui trouvent des excuses aux assassins en les présentant d'abord (ou aussi) comme les victimes de la société confondent l'excuse et l'explication. Hitler aussi a eu une enfance difficile. Ce qui explique bien des choses mais n'excuse rien.
7 - Le mot "islamophobie" est une arnaque verbale dont la raison d'être est de neutraliser le dialogue en faisant passer la (légitime) critique d'une religion pour l'ignoble haine de ses pratiquants #Charb.
8 - Les vrais "islamophobes" ne sont pas les gens qui moquent de l'Islam, mais les gens qui méprisent les musulmans au point de les croire incapables d'humour.
9 - Les véritables "blasphémateurs" ne sont pas les caricaturisstes mais les impies intégristes qui croient que Dieu se vexe comme eux ou qu'il a besoin de leur aide. "Le besoin d'un foi puissante n'est pas la preuve d'une foi puissante, mais du contraire" (Nietzsche)
10  - Les intégristes sont la honte de l'Islam et les indécis sont la honte de la République. Mais les premiers ne sont dangereux que lorsque ce sont les seconds qui gouvernent.

Charlie, la Chocolaterie et l'Ordre moral

Nous n'allons pas expliciter les biais et sophismes de son argumentation, mais juste affirmer que sous couvert de l'argument d'autorité "Professeur de philosophie", ce thread de Raphaël Enthoven indique le seul moyen possible pour parler du monde, le montrer, le penser et dicter une morale presque totalitaire au détriment des multiples formes possibles de différences et d'altérités.

Dans Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton, nombreux se sont émus que l'adaptation cinématographique se soit autant éloignée du livre qui permettait à quiconque son interprétation  des personnages et du récit. Dans le film de Tim Burton, les personnages ne sont pas équivoques et complexes. D'un côté, quatre enfants riches ayant un des 7 pêchés capitaux, et de l'autre, l'unique pauvre, une sorte de ravi du village, ayant eu la chance d'avoir un ticket d'Or au troisième essai. Il gagnera grâce à sa naïveté, son émerveillement et sa croyance dans ses rêves d'enfant.



Suite à l'attentat de Charlie Hebdo, le Président de la République Française François Hollande, soucieux de laisser une trace dans l'Histoire de France, organisa avec de nombreux Chefs d'Etat, une marche le 11 janvier 2015 dont les photos firent le tour du monde.

Du choix de la Marseillaise à la mise à l'écart de la Présidente de l'extrême-droite Marine Le Pen et à la présence de représentants de pays où le blasphème vaut  condamnation et la liberté de la presse quasi-inexistante, de nombreuses polémiques quant à l'interprétation de cette marche sont nées. Emmanuel Todd avec son livre Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse va créer une polémique surplombant les autres.

De Charlie et la Daeshetterie à Nathan le Chahid

Le 3 janvier 2020 vers 14 heures, Nathan C muni d'un couteau attaque plusieurs passants dans le parc des Hautes-Bruyères à Villejuif (94 - Val de Marne). Il épargnera un musulman capable de réciter une sourate et tuera un homme, Janusz Michalsky, au cri d'Allahu Akbar. D'abord annoncé comme déséquilibré en raison de son passé en hôpital psychiatrique, le parquet anti-terroriste se saisit de l'affaire. Nathan est un fils de hauts fonctionnaires français, brillant étudiant et fraîchement converti à l'Islam.

Nathan le Chahid fait penser au double maléfique de Nathan le Sage, une pièce de Lessing, un franc-maçon allemand faisant partie du mouvement Aufklärung, l'équivalent des Lumières en France.

Dans Nathan le Sage, Lessing pose une question et met en réflexion la parabole des trois anneaux.


"Le chrétien et le juif sont-ils chrétien et juif avant d'être hommes?"

En 2020, le gouvernement français se demande si les juifs, les musulmans et les catholiques sont des français juifs, des français musulmans et des français catholiques ou des Juifs de France, des Musulmans de France et des Catholiques de France. Quid de la majorité des citoyens français qui est à 29 % Athées et 34 % sans religion, soit un total de 63 % de citoyens non cléricaux selon l'enquête 2015 de Gallup International.

La parabole de l'anneau est considérée comme un des textes clefs de la philosophie des  Lumières et comme l'expression de l'idée de tolérance.

Un homme se fait faire un anneau qui détient le pouvoir de susciter l’amour pour celui qui le porte et qu’il lègue à son fils préféré en lui enjoignant de faire de même. L’anneau est transmis ainsi de père en fils jusqu’au jour où il échoit à un père également attaché à ses trois enfants. Se voyant mourir, il fait faire deux anneaux neufs par un orfèvre, et remet un anneau en secret à chacun de ses fils. Le père mort, les trois fils se disputent l’héritage, chacun persuadé de détenir l’anneau véritable.

Ne trouvant pas de compromis possible, puisque chacun détient la vérité de la bouche de son père et qu’il ne peut donc la remettre en question sans accuser ce père bien-aimé de lui avoir menti, les frères demandent au juge un arbitrage. Le juge remarque que l’anneau a la réputation de susciter l’amour de Dieu et des hommes, et qu’il suffit d’attendre pour voir quel anneau est efficace, à moins que le père n’ait fait fabriquer trois anneaux neufs et que l’anneau originel ne soit perdu. Il invite donc les frères à travailler pour l’avenir en s’efforçant de rendre les générations à venir les plus vertueuses possible.

Dans cette parabole on peut voir le père comme une représentation de Dieu, les trois fils étant les trois religions monothéistes, judaïsme, christianisme et Islam. Comme le père aime également ses trois fils, Dieu aime également les trois religions alors que celles-ci se disputent et prétendent chacune détenir la vérité au lieu d’imiter l’amour dont le père a témoigné à leur égard. Dans l’hypothèse où les trois anneaux seraient neufs le père apparaît comme le représentant d’une religion originelle ou idéale désormais perdue, et les fils comme trois religions révélées, historiques, également proches ou éloignées de la vérité première. Dans cette dernière perspective le juge représente Dieu qui recommande aux hommes de se préoccuper de l’éducation de leurs propres enfants au lieu de leur donner l’exemple détestable de ces querelles.

Du pluralisme des religions à la pluralité des interprétations ? 

L’étroitesse d’esprit, le dogmatisme, l’intolérance, le fanatisme sont, à des degrés divers, des formes d’enfermement dans un schéma mental.
Si la promotion d’un modèle théorique (la conviction qu’en dehors de mon approche, point de salut) est une dérive facile à comprendre, et aujourd’hui la plus dénoncée sur la place publique, l’autre dérive est probablement plus secrète et plus difficile à débusquer. On peut prendre comme exemple le psychologue qui est persuadé que tout déséquilibre psychique, tout symptôme, tout trouble de la conduite, s’origine dans un traumatisme infantile.
Dans le cours de la thérapie, il s’attendra à ce qu’un traumatisme soit évoqué, et, s’il ne l’est pas directement ou s’il tarde à venir, il aura tôt fait d’interpréter dans ce sens ce qu’il prend pour des signes. Là, enfin, on tient l’explication ! ("Le poumon, vous dis-je ! ")
Et le traumatisme clé, aujourd’hui, c’est évidemment d’avoir été sexuellement abusé. D’où la multiplication des procès rétroactifs que l’on a vu d’abord aux États-Unis, mais qui envahissent aujourd’hui l’Europe, où des membres de la famille (généralement des pères) sont traînés dans la boue, voire incarcérés, pour des souvenirs de leur progéniture qui relèvent plus souvent de fantasmes que de la réalité.
D’où aussi la contre-attaque des scientifiques qui ont démontré et démonté les mécanismes du " souvenir induit ", ou faux souvenir. Dans cet exemple de déviance, le principe moral et la théorie se rejoignent, comme souvent d’ailleurs. Nous avons donc pointé ici un autre exemple des dérives possibles de l’interprétation

Terrorisme et interprétations psychiatriques 

L’écho inédit trouvé par la trame narrative et scopique proposée par Daech s'explique par son adéquation avec les affres des subjectivités contemporaines et la faible pluralité interprétative. 

La dissolution d'un "Moi" inconsistant en un "Moi Idéal" nihiliste est-elle la clef de compréhension de ce que l’on nomme actuellement "radicalisation", dans sa forme la plus extrême, celle des demandeurs de martyre, les chahids ?
Il faut accéder à la pluralité interprétative : devenir capable de manipuler ses propres représentations et ses idées pour adopter, au moins temporairement et en imagination, d'autres points de vue que le sien. 
Car si les frères Kouachi étaient issus de milieux modestes comme le relatait Edwy Plenel, ce n'est pas le cas de Nathan le Chahid ou un Ben Laden. Les limites de l'explication sociale se montrent et démontrent facilement.

Les ressorts psychiques d'un processus de passage à l'acte mortifère avec l'addiction, le préjudice, les dialectiques avec un Idéal rédempteur interrogent aussi les formes de mélancolies contemporaines   chez certains sujets qui ne parviennent au sentiment d'existence que dans le projet d'une mort divine comme l'explique Sabine Riss, psychologue clinicienne en milieu carcéral, lors des États généraux de la psychiatrie sur la radicalisation.

A travers  quelles formes historiques - culturelles, religieuses, artistiques - la pluralité interprétative s'est-elle incarnée et développée en France ?

Le Moyen Âge a jeté les bases de l’autorité textuelle moderne, dont la carrière s’est élargie durant la Renaissance et la Réforme. Mais, dans le même temps, on vit apparaître une certaine méfiance à l’égard de l’autorité imposée des textes, méfiance où le pluralisme occidental a trouvé l’un de ses fondements. 
Cette répugnance à l’égard d’une perspective unitaire prit la forme d’un scepticisme interprétatif, qui ne s’intéressait pas seulement aux apories logiques du langage parlé, comme c’était le cas chez son prédécesseur antique, mais aussi aux apories logiques présentes dans l’écrit, dans les descriptions ou les représentations. 
L’autorité des textes fit naître des attitudes opposées, bien résumées dans le débat sur les éléments "réels" et "nominaux" du langage, tel que l’ont promu Augustin, Ratramnus de Corbie, Anselme de Canterbury, Pierre Abélard, Duns Scott ou Guillaume d’Ockham. 
L’incapacité à établir une frontière nette entre réel et fiction devint l’un des traits caractéristiques des genres lyrique, épique et romanesque, comme en témoignent les contes à la morale ambiguë de Chaucer, Boccace ou Christine de Pisan. 
Le goût pour la pluralité des interprétations réapparut chez les plus grands auteurs de la Renaissance : chez Pétrarque, qui consacra son cycle poétique à la persona à la fois réelle et imaginaire de sa maîtresse de jadis, Laure ; chez Montaigne, dont les Essais renoncent à la prétention absolue à la vérité en faveur d’interrogations sans fin sur les opinions antérieures. 

Le 21e siècle unit en ses débuts les méthodes reconnues d’écriture de l’histoire littéraire et les aperçus ouverts sur les dimensions cognitives, émotionnelles et thérapeutiques de la lecture.
L’histoire littéraire est nécessaire à l’enseignement de la littérature dans les établissements institutionnels ; l’histoire de la lecture, de même, est devenue un domaine fréquenté de la recherche académique : il suffit de penser aux travaux de Guglielmo Cavallo, de Roger Chartier, de Malcolm Parkes, d’Armando Petrucci ou de Paul Saenger. Ces différents éléments sont associés dans des programmes qui étudient les aspects économiques et sociaux de l’industrie éditoriale. Des questions éthiques ont ouvert le domaine de la critique littéraire à la recherche juridique, biologique et écologique. On se trouve donc à un carrefour où il est possible d’envisager une discipline littéraire mettant en œuvre aussi bien les connaissances de l’histoire de la littérature que celles d’une histoire plus vaste de la lecture, qui intègre ses dimensions psychologiques et neuroscientifiques. 

Nous et Eux,  Idem et Ipsé. L'Occident et l'Orient.

Cette confrontation est prise dans une série d’illusions.

Canard ou Lapin ?
La première consiste naturellement à croire que cette immense région extérieure à la culture française serait véritablement une, qu’il serait possible de la désigner en tant qu’unité, et donc que l’on pourrait ainsi l’opposer en bloc. 
Il s’agit en effet non seulement d’une désignation sommaire, presque rudimentaire, mais aussi et surtout d’une définition négative, qui énonce seulement ce que les cultures ne sont pas. Elle ne dit presque rien de ce qui les constitue en tant que telles. 
Or, c’est bien cette logique binaire qui, le plus souvent, domine nos discours quotidiens sur l’altérité et détermine notre expérience de la différence culturelle ou sociale.

La carrière scientifique d’un ethnologue est pratiquement toujours scandée par deux étapes typiques. Pendant la première moitié de sa vie, au retour de son terrain, le jeune chercheur (ou la jeune chercheuse) s’appliquera à convaincre ses collègues que la population qu’il a étudiée est inattendue, extraordinairement singulière, unique au monde.
Plus tard, la deuxième moitié de sa carrière scientifique sera, à l’inverse, entièrement consacrée à les convaincre que cette même population n’a rien de local. Il, ou elle, la présentera, au contraire, comme paradigmatique, exemplaire d’une vaste aire culturelle, ou même porteuse de traits généralisables à l’ensemble de l’humanité. 
Les sociologues faisaient de même avant l'émergence de militants où leur idéologie notamment marxiste doit primer sur les découvertes et recherches scientifiques. Le cas des Pincon-Charlot est éloquent où ce qu'ils décrivent sur les riches, s'appliquent à toute communauté. De même pour les sociologues féministes dont une majorité en France est incapable de penser que l’agresseur dans un couple peut être la femme. Or, la psychologie évolutionnaire l'explique pourtant très bien. 

Quelles sont  les bases cérébrales et mentales d'une telle capacité chez l'enfant et l'adulte pour permettre la tolérance et le débat d'idées ?

La psychologie du développement et la psychologie cognitive se sont focalisées sur la période située entre l’acquisition du langage et l’entrée à l’école, et ont ainsi montré que les plus jeunes, dès le premier âge, manifestent avec une évidence frappante des changements dans leur perception d’eux-mêmes et des autres. Ils montrent notamment leur capacité à croire, imaginer et faire semblant, qui révèle leur accès à la distinction entre le monde et les représentations mentales du monde. Ils comprennent, de même, la différence entre apparence et réalité, expérience mentale et contenu de l’expérience, les énoncés et leur interprétation. 
Ces activités tendent à prouver qu’ils possèdent déjà une théorie de l’esprit, c’est-à-dire une théorie mentale de l’action humaine, rudimentaire mais cohérente. Les recherches sur les croyances, les désirs et les intentions chez des enfants d’âge préscolaire ont aussi mis en évidence un lien avec l’usage de règles normatives et de stratégies interprétatives.
On a pu décrire ce phénomène comme le début d’une culture de la rationalité, qui atteint, de 6 à 9 ans, un stade plus élevé, réflexif et mental, développant par exemple des croyances sur les croyances, des intentions à propos d’intentions, des émotions sur des émotions. 
Des recherches récentes au laboratoire de l'Université Paris Ouest ont montré que, chez l’enfant, la capacité à reconnaître la pluralité de points de vue, acquise entre 8 et 10 ans, ne suffisait pas à assurer le développement intellectuel de l’enfant et l’ouverture sociale sur la tolérance.
Des enfants de 9 ans qui avaient le même QI, disposaient des même capacités cognitives (y compris dans leur "théorie de l’esprit", leur capacité à se décentrer et à voir le point de vue de l’autre, ou du point de vue de l’autre), qui fréquentaient les même classes avec les même professeurs, qui appartenaient aux mêmes milieux socio-culturels, mais qui, pour certains, réussissaient bien en classe, alors que d’autres présentaient des difficultés d’apprentissage, avec leur train de problèmes annexes qui généralement prennent la forme soit de la dépression et de l’inhibition, soit de troubles du comportement. 
L'hypothèse, classique, était que les enfants en difficulté, à capacités cognitives égales, présentaient des troubles affectifs. Ce n’est pas du tout ce que a été trouvé. Ce qui faisait la différence entre ces deux groupes d’enfants, c’était la présence ou l’absence de la capacité à reconnaître et supporter un conflit, cognitif et affectif. 
Autrement dit, ce n’est parce qu’ils auraient été capables d’inhiber leur point de vue pour laisser place au point de vue de l’autre, mais bien parce qu’ils étaient capables de maintenir les deux présents simultanément, de les confronter et de douter – ainsi que de supporter l’inconfort affectif que ce doute entraîne – que certains de ces enfants avançaient à pas de géants dans leurs apprentissages comme dans les rapports sociaux. Piaget lui-même a placé au cœur du mouvement de maturation progressive de l’enfant la notion de déséquilibre. 

Peut-on l'enseigner aux enfants et comment afin qu'ils soient mieux prémunis contre les discours sectaires, les discours intégristes religieux ou mortifères ?

Par suite, c’est la frontière traditionnelle entre nature et éducation qui s’est déplacée. On a montré que le pluralisme interprétatif apparaît par étapes dans l’adolescence lorsque des forces cognitives et culturelles s’influencent réciproquement. Cette interaction est observable dans tout un ensemble de tâches cognitives, par exemple dans le raisonnement déductif et inductif accompagné de méta-conceptualisation. 

Les adolescents raisonnent par déduction, indépendamment de l’idée qu’ils se font du caractère de vérité ou non des prémisses sur lesquelles ce raisonnement est fondé ; la compréhension au méta-niveau des stratégies de raisonnement — leur but, leur puissance, leurs limitations, leurs possibilité d’applications — est au moins aussi important que de savoir, au niveau de la performance, comment appliquer ces stratégies. 
Le raisonnement par induction, lorsqu’il ne se fonde pas sur un apprentissage par association, implique aussi un mélange de changements conceptuels et cognitifs. Les enfants se servent de théories implicites pour donner sens à leur expérience ; les adolescents se mettent à construire "scientifiquement" une théorie, qui se définit dans ce contexte comme une théorie dont le but est de corriger, de compléter ou d’accroître la connaissance. 
Tandis que les enfants sont absolutistes dans leur approche de l’épistémologie, les adolescents s’engagent dans une argumentation, c’est-à-dire dans un processus dialogique où comparer logiquement des affirmations opposées. Lorsque cette dernière approche prend la relève, les prétentions absolutistes à la connaissance sont abandonnées et le développement se poursuit vers un haut degré de multiplisme ou de relativisme. 
Ces réponses, acquises dans l’adolescence et maintenues à l’âge adulte, sont parmi les causes les plus durables du comportement normatif. On peut les décrire comme une "institutionnalisation" personnelle de l’apprentissage. 
Dès que cette "institution" s’est faite, elle tend à suivre son propre mouvement : elle fonctionne comme une bureaucratie interne et dit à ses membres comment agir en certaines circonstances sans avoir à penser aux raisons de le faire, exactement de la même façon qu’ils apprennent à lire et oublient ensuite comment ils l’ont appris. 
La lecture, en tant que fondement de l’éducation occidentale, est peut-être le meilleur moyen d’acquérir cette structure stable d’institutionnalisation mentale. La façon dont nous apprenons à lire, donc, et, surtout, l’interrogation sur l’aide que notre lecture apporte à la diversité des interprétations ou, au contraire, à leur réduction, peut jouer le rôle de modèle pour la formation du comportement en d’autres domaines. Il peut également exister des fondements tout à la fois cognitifs et historiques à des comportements sociaux aberrants associés à des communautés ethniques, religieuses ou géographiques en désaccord avec les normes admises.
Quel est le prix de cette "dépense cognitive", et comment se règle-t-il ? Nous l’ignorons encore. 

Répondre à ces questions permettrait de commencer à limiter l'expression de l'intolérance et ces rencontres entre une offre de mort distillée par l'application littérale des textes coraniques en raison d'une interprétation unique proposée par Daesh et des théocraties musulmanes avec des sujets français errants. 

La liberté d'expression et la crise de l'Homme

L'histoire de l'humanité et de la France est jalonnée par des conflits entre, d'une part, la libre effervescence des pensées libres, fondement de la démocratie et de la tolérance et, d'autre part, l'oppression de modèles uniques de pensée qui conduisent au dogmatisme, aux attitudes fermées et à divers degrés de violences. 
Face aux autoritarismes en tous genres, l'idée d'une pensée ouverte aux opinions diverses est devenu un enjeu majeur de la société française et de la civilisation. Ce début de siècle est  paradoxal avec des progrès manifestes des droits de l'Homme (hommes, femmes et enfants) et de la démocratie mais aussi avec des centaines de millions de personnes victimes d'une intensification de massacres religieux et soumises à la contrainte oppressive de règles sociales imposées par des interprétations uniques de textes sacrés, ce qui conduit à l'intolérance. 
De même avec les injonctions de certains milieux LGBT et féministes sur comment draguer, comment regarder, comment appeler, quand changer de sexe, pourquoi la GPA est la liberté et non une marchandisation des corps, etc...

Les mécanismes de compréhension du point de vue d’autrui ne doivent pas être confondus avec les mécanismes permettant de réagir à ce point de vue. Notre capacité à changer de point de vue et à prendre en compte celui d’autrui n’est donc pas unitaire, mais recouvre un ensemble de dispositions psychologiques distinctes reposant sur des bases cérébrales spécifiques.


Quelle était la meilleure religion ?

Comme ils n'arrivaient pas à s'entendre, ils décidèrent de mettre un terme au débat par une ordalie. Ils s'attacheront leurs deux mains ensemble et placeront cette poignée de main sur le feu. Ils sont d'accord sur le verdict de l'ordalie : la main de celui dont la religion est la meilleure ne brûlera pas. Au bout d'un moment, il les retirent. Aucune main n'a brûlé. Elles sont intactes. L'ordalie a raté. 

Malik en conclut, non sans raison, que les gens vont penser que les deux religions se valent, qu'elles sont également bonnes et vraies, qu'il n'y a pas plus de raison de suivre l'une plutôt que l'autre. Malik rumine et retourne ces idées dans sa tête puis rentre chez lui très malheureux. Il prie et pleure. Puis tout d'un coup, au milieu de sa prière et de ses larmes, il entent une voix céleste qui lui dit : "Malik ne pleure pas, c'est la main de l'athée laïc qui a protégé ta main."

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