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7 janv. 2020

De Charlie et la Daeshetterie à Nathan le Chahid : La crise humanitaire de la liberté d'expression

Le 7 janvier 2015 vers 11h30, les frères Kouachi entrent dans les locaux de Charlie Hebdo et font usage de leur kalachnikov.



Parmi les victimes se trouvent les dessinateurs Charb, Cabu, Honoré, Wolinski, l'économiste Bernard Maris, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, Michel Renaud, invité de la rédaction, le correcteur Mustapha Ourrad, deux policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, et l'agent de maintenance Frédéric Boisseau.


Le 8 janvier 2015, Amedy Coulibaly, un français proche des frères Kouachi, tue par balle Clarisssa Jean-Philippe, une policière municipale à Montrouge. Le lendemain, il prend en otage les clients d'une supérette casher à la porte de Vincennes à Paris et en tue quatre, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada. Il est abattu lors d'un assaut du RAID et de la BRI. Il affirmait agir au nom de l'organisation djihadiste Daesh.

Edwy Plenel et le terrorisme

Edwy Plenel, après avoir appelé à défendre inconditionnellement les terroristes de l'attentat tuant 11 athlètes israéliens à Munich en 1972, tweetera en 2015 à propos des Frères Kouachi. En 2017, il accusera le journal Charlie Hebdo de faire "la guerre aux musulmans", ce qui sera qualifié par Riss, un survivant de l'attentat comme un nouvel appel au meurtre contre lui et son équipe.


Le terrorisme en débat binaire
 
En ce jour de commémoration de l'attentat qui a frappé Charlie Hebdo et fait douze morts, le hashtag #JeSuisCharlie refait son apparition sur les réseaux sociaux.
Une partie de la population française réaffirme son attachement à #JeSuisCharlie et une minorité quant à elle y réaffirme son opposition en expliquant qu'il s'agit d'une injonction qu'elle est libre de ne pas suivre. Une partie radicale de cette minorité va jusqu'à twitter la justification des attentats avec #JeSuisKouachi. L'équipe actuelle de Charlie Hebdo publie un numéro sur les nouvelles censures et de nombreux journaux ont publié des articles sur le droit au blasphème, la liberté d'expression et les projets de conquête des islamistes en Europe.

Les débats en France lors d'une attaque au couteau, à la voiture ou à la kalachnikov au cri d'Allahu Akbar posent la question de la santé mentale versus le terrorisme. Certains pensent se poser en sages en expliquant que les deux peuvent être liés.
A chaque attentat islamiste, les discours insistent sur la priorité de ne pas stigmatiser les musulmans et le recours à l'argument du déséquilibré, éludant la stigmatisation des personnes ayant des pathologies psychiatriques, fait son apparition suivant les analyses et instrumentalisations diverses autant par des associatifs que par des politiques.
Il est facile de se rendre compte que ce double binarisme sur qui est ou peut être stigmatisé et sur qui instrumentalise ne permet pas d'analyser les événements mais enfermera chacun dans les clichés et les préjugés.
Dans une société française de plus en plus sectaire et ignorante s'opère une réduction de l'altérité, de la circulation des idées, des images et des discours.

Raphaël Enthoven débat de la liberté d'expression

A titre d'exemple pour illustrer notre propos, le thread du professeur de philosophie Raphaël Enthoven :
0 - En cet anniversaire lugubre, et avant de se taire un peu, il convient de rappeler quelques évidences malmenées. #Charlie Hebdo
1 - Ce que montre Charlie Hebbo est libertaire. Et nul n'est tenu d'aimer ça. Mais ce que représente Charlie Hebdo est la liberté. Et chacun doit défendre ça. Suspendre le soutien à CH au contenu de ses dessins, c'est transformer une affaire de principe en question de goût.
2 - Les gens qui accusent Charlie Hebdo de "jeter de l'huile sur le feu" oublient un peu vite que le problème, c'est le feu. Pas l'huile. Quand un plat est empoisonné, celui qui met les pieds dedans est un bienfaiteur.
3 - Ceux qui disent "Ce n'est pas le moment de se moquer..."auront toujours une raison de dire ça. Jamais la société ne sera assez pacifiée pour qu'on se moque les uns des autres sans vexer qui que ce soit. Dire "Ce n'est pas le moment" = "dire "Ce n'est jamais le moment".
4 - Les gens qui disent "La liberté de la presse ? Oui, mais attention au blasphème !" ne sont pas des gens mesurés, mais des lâches qui donnent à leur trouille les contours flatteurs de la pondération. Et dorment tranquilles après avoir botté en touche.
5 - Les gens qui disent "Bien sûr, c'est horrible mais enfin, ils ne l'ont pas volé non plus !" ressemblent (en plus dramatique encore) à ceux qui, en cas de viol, s'en prennent à la tenue de la victime avant de dénoncer son agresseur.
6 - Les gens qui trouvent des excuses aux assassins en les présentant d'abord (ou aussi) comme les victimes de la société confondent l'excuse et l'explication. Hitler aussi a eu une enfance difficile. Ce qui explique bien des choses mais n'excuse rien.
7 - Le mot "islamophobie" est une arnaque verbale dont la raison d'être est de neutraliser le dialogue en faisant passer la (légitime) critique d'une religion pour l'ignoble haine de ses pratiquants #Charb.
8 - Les vrais "islamophobes" ne sont pas les gens qui moquent de l'Islam, mais les gens qui méprisent les musulmans au point de les croire incapables d'humour.
9 - Les véritables "blasphémateurs" ne sont pas les caricaturisstes mais les impies intégristes qui croient que Dieu se vexe comme eux ou qu'il a besoin de leur aide. "Le besoin d'un foi puissante n'est pas la preuve d'une foi puissante, mais du contraire" (Nietzsche)
10  - Les intégristes sont la honte de l'Islam et les indécis sont la honte de la République. Mais les premiers ne sont dangereux que lorsque ce sont les seconds qui gouvernent.

Charlie, la Chocolaterie et l'Ordre moral

Nous n'allons pas expliciter les biais et sophismes de son argumentation, mais juste affirmer que sous couvert de l'argument d'autorité "Professeur de philosophie", ce thread de Raphaël Enthoven indique le seul moyen possible pour parler du monde, le montrer, le penser et dicter une morale presque totalitaire au détriment des multiples formes possibles de différences et d'altérités.

Dans Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton, nombreux se sont émus que l'adaptation cinématographique se soit autant éloignée du livre qui permettait à quiconque son interprétation  des personnages et du récit. Dans le film de Tim Burton, les personnages ne sont pas équivoques et complexes. D'un côté, quatre enfants riches ayant un des 7 pêchés capitaux, et de l'autre, l'unique pauvre, une sorte de ravi du village, ayant eu la chance d'avoir un ticket d'Or au troisième essai. Il gagnera grâce à sa naïveté, son émerveillement et sa croyance dans ses rêves d'enfant.



Suite à l'attentat de Charlie Hebdo, le Président de la République Française François Hollande, soucieux de laisser une trace dans l'Histoire de France, organisa avec de nombreux Chefs d'Etat, une marche le 11 janvier 2015 dont les photos firent le tour du monde.

Du choix de la Marseillaise à la mise à l'écart de la Présidente de l'extrême-droite Marine Le Pen et à la présence de représentants de pays où le blasphème vaut  condamnation et la liberté de la presse quasi-inexistante, de nombreuses polémiques quant à l'interprétation de cette marche sont nées. Emmanuel Todd avec son livre Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse va créer une polémique surplombant les autres.

De Charlie et la Daeshetterie à Nathan le Chahid

Le 3 janvier 2020 vers 14 heures, Nathan C muni d'un couteau attaque plusieurs passants dans le parc des Hautes-Bruyères à Villejuif (94 - Val de Marne). Il épargnera un musulman capable de réciter une sourate et tuera un homme, Janusz Michalsky, au cri d'Allahu Akbar. D'abord annoncé comme déséquilibré en raison de son passé en hôpital psychiatrique, le parquet anti-terroriste se saisit de l'affaire. Nathan est un fils de hauts fonctionnaires français, brillant étudiant et fraîchement converti à l'Islam.

Nathan le Chahid fait penser au double maléfique de Nathan le Sage, une pièce de Lessing, un franc-maçon allemand faisant partie du mouvement Aufklärung, l'équivalent des Lumières en France.

Dans Nathan le Sage, Lessing pose une question et met en réflexion la parabole des trois anneaux.


"Le chrétien et le juif sont-ils chrétien et juif avant d'être hommes?"

En 2020, le gouvernement français se demande si les juifs, les musulmans et les catholiques sont des français juifs, des français musulmans et des français catholiques ou des Juifs de France, des Musulmans de France et des Catholiques de France. Quid de la majorité des citoyens français qui est à 29 % Athées et 34 % sans religion, soit un total de 63 % de citoyens non cléricaux selon l'enquête 2015 de Gallup International.

La parabole de l'anneau est considérée comme un des textes clefs de la philosophie des  Lumières et comme l'expression de l'idée de tolérance.

Un homme se fait faire un anneau qui détient le pouvoir de susciter l’amour pour celui qui le porte et qu’il lègue à son fils préféré en lui enjoignant de faire de même. L’anneau est transmis ainsi de père en fils jusqu’au jour où il échoit à un père également attaché à ses trois enfants. Se voyant mourir, il fait faire deux anneaux neufs par un orfèvre, et remet un anneau en secret à chacun de ses fils. Le père mort, les trois fils se disputent l’héritage, chacun persuadé de détenir l’anneau véritable.

Ne trouvant pas de compromis possible, puisque chacun détient la vérité de la bouche de son père et qu’il ne peut donc la remettre en question sans accuser ce père bien-aimé de lui avoir menti, les frères demandent au juge un arbitrage. Le juge remarque que l’anneau a la réputation de susciter l’amour de Dieu et des hommes, et qu’il suffit d’attendre pour voir quel anneau est efficace, à moins que le père n’ait fait fabriquer trois anneaux neufs et que l’anneau originel ne soit perdu. Il invite donc les frères à travailler pour l’avenir en s’efforçant de rendre les générations à venir les plus vertueuses possible.

Dans cette parabole on peut voir le père comme une représentation de Dieu, les trois fils étant les trois religions monothéistes, judaïsme, christianisme et Islam. Comme le père aime également ses trois fils, Dieu aime également les trois religions alors que celles-ci se disputent et prétendent chacune détenir la vérité au lieu d’imiter l’amour dont le père a témoigné à leur égard. Dans l’hypothèse où les trois anneaux seraient neufs le père apparaît comme le représentant d’une religion originelle ou idéale désormais perdue, et les fils comme trois religions révélées, historiques, également proches ou éloignées de la vérité première. Dans cette dernière perspective le juge représente Dieu qui recommande aux hommes de se préoccuper de l’éducation de leurs propres enfants au lieu de leur donner l’exemple détestable de ces querelles.

Du pluralisme des religions à la pluralité des interprétations ? 

L’étroitesse d’esprit, le dogmatisme, l’intolérance, le fanatisme sont, à des degrés divers, des formes d’enfermement dans un schéma mental.
Si la promotion d’un modèle théorique (la conviction qu’en dehors de mon approche, point de salut) est une dérive facile à comprendre, et aujourd’hui la plus dénoncée sur la place publique, l’autre dérive est probablement plus secrète et plus difficile à débusquer. On peut prendre comme exemple le psychologue qui est persuadé que tout déséquilibre psychique, tout symptôme, tout trouble de la conduite, s’origine dans un traumatisme infantile.
Dans le cours de la thérapie, il s’attendra à ce qu’un traumatisme soit évoqué, et, s’il ne l’est pas directement ou s’il tarde à venir, il aura tôt fait d’interpréter dans ce sens ce qu’il prend pour des signes. Là, enfin, on tient l’explication ! ("Le poumon, vous dis-je ! ")
Et le traumatisme clé, aujourd’hui, c’est évidemment d’avoir été sexuellement abusé. D’où la multiplication des procès rétroactifs que l’on a vu d’abord aux États-Unis, mais qui envahissent aujourd’hui l’Europe, où des membres de la famille (généralement des pères) sont traînés dans la boue, voire incarcérés, pour des souvenirs de leur progéniture qui relèvent plus souvent de fantasmes que de la réalité.
D’où aussi la contre-attaque des scientifiques qui ont démontré et démonté les mécanismes du " souvenir induit ", ou faux souvenir. Dans cet exemple de déviance, le principe moral et la théorie se rejoignent, comme souvent d’ailleurs. Nous avons donc pointé ici un autre exemple des dérives possibles de l’interprétation

Terrorisme et interprétations psychiatriques 

L’écho inédit trouvé par la trame narrative et scopique proposée par Daech s'explique par son adéquation avec les affres des subjectivités contemporaines et la faible pluralité interprétative. 

La dissolution d'un "Moi" inconsistant en un "Moi Idéal" nihiliste est-elle la clef de compréhension de ce que l’on nomme actuellement "radicalisation", dans sa forme la plus extrême, celle des demandeurs de martyre, les chahids ?
Il faut accéder à la pluralité interprétative : devenir capable de manipuler ses propres représentations et ses idées pour adopter, au moins temporairement et en imagination, d'autres points de vue que le sien. 
Car si les frères Kouachi étaient issus de milieux modestes comme le relatait Edwy Plenel, ce n'est pas le cas de Nathan le Chahid ou un Ben Laden. Les limites de l'explication sociale se montrent et démontrent facilement.

Les ressorts psychiques d'un processus de passage à l'acte mortifère avec l'addiction, le préjudice, les dialectiques avec un Idéal rédempteur interrogent aussi les formes de mélancolies contemporaines   chez certains sujets qui ne parviennent au sentiment d'existence que dans le projet d'une mort divine comme l'explique Sabine Riss, psychologue clinicienne en milieu carcéral, lors des États généraux de la psychiatrie sur la radicalisation.

A travers  quelles formes historiques - culturelles, religieuses, artistiques - la pluralité interprétative s'est-elle incarnée et développée en France ?

Le Moyen Âge a jeté les bases de l’autorité textuelle moderne, dont la carrière s’est élargie durant la Renaissance et la Réforme. Mais, dans le même temps, on vit apparaître une certaine méfiance à l’égard de l’autorité imposée des textes, méfiance où le pluralisme occidental a trouvé l’un de ses fondements. 
Cette répugnance à l’égard d’une perspective unitaire prit la forme d’un scepticisme interprétatif, qui ne s’intéressait pas seulement aux apories logiques du langage parlé, comme c’était le cas chez son prédécesseur antique, mais aussi aux apories logiques présentes dans l’écrit, dans les descriptions ou les représentations. 
L’autorité des textes fit naître des attitudes opposées, bien résumées dans le débat sur les éléments "réels" et "nominaux" du langage, tel que l’ont promu Augustin, Ratramnus de Corbie, Anselme de Canterbury, Pierre Abélard, Duns Scott ou Guillaume d’Ockham. 
L’incapacité à établir une frontière nette entre réel et fiction devint l’un des traits caractéristiques des genres lyrique, épique et romanesque, comme en témoignent les contes à la morale ambiguë de Chaucer, Boccace ou Christine de Pisan. 
Le goût pour la pluralité des interprétations réapparut chez les plus grands auteurs de la Renaissance : chez Pétrarque, qui consacra son cycle poétique à la persona à la fois réelle et imaginaire de sa maîtresse de jadis, Laure ; chez Montaigne, dont les Essais renoncent à la prétention absolue à la vérité en faveur d’interrogations sans fin sur les opinions antérieures. 

Le 21e siècle unit en ses débuts les méthodes reconnues d’écriture de l’histoire littéraire et les aperçus ouverts sur les dimensions cognitives, émotionnelles et thérapeutiques de la lecture.
L’histoire littéraire est nécessaire à l’enseignement de la littérature dans les établissements institutionnels ; l’histoire de la lecture, de même, est devenue un domaine fréquenté de la recherche académique : il suffit de penser aux travaux de Guglielmo Cavallo, de Roger Chartier, de Malcolm Parkes, d’Armando Petrucci ou de Paul Saenger. Ces différents éléments sont associés dans des programmes qui étudient les aspects économiques et sociaux de l’industrie éditoriale. Des questions éthiques ont ouvert le domaine de la critique littéraire à la recherche juridique, biologique et écologique. On se trouve donc à un carrefour où il est possible d’envisager une discipline littéraire mettant en œuvre aussi bien les connaissances de l’histoire de la littérature que celles d’une histoire plus vaste de la lecture, qui intègre ses dimensions psychologiques et neuroscientifiques. 

Nous et Eux,  Idem et Ipsé. L'Occident et l'Orient.

Cette confrontation est prise dans une série d’illusions.

Canard ou Lapin ?
La première consiste naturellement à croire que cette immense région extérieure à la culture française serait véritablement une, qu’il serait possible de la désigner en tant qu’unité, et donc que l’on pourrait ainsi l’opposer en bloc. 
Il s’agit en effet non seulement d’une désignation sommaire, presque rudimentaire, mais aussi et surtout d’une définition négative, qui énonce seulement ce que les cultures ne sont pas. Elle ne dit presque rien de ce qui les constitue en tant que telles. 
Or, c’est bien cette logique binaire qui, le plus souvent, domine nos discours quotidiens sur l’altérité et détermine notre expérience de la différence culturelle ou sociale.

La carrière scientifique d’un ethnologue est pratiquement toujours scandée par deux étapes typiques. Pendant la première moitié de sa vie, au retour de son terrain, le jeune chercheur (ou la jeune chercheuse) s’appliquera à convaincre ses collègues que la population qu’il a étudiée est inattendue, extraordinairement singulière, unique au monde.
Plus tard, la deuxième moitié de sa carrière scientifique sera, à l’inverse, entièrement consacrée à les convaincre que cette même population n’a rien de local. Il, ou elle, la présentera, au contraire, comme paradigmatique, exemplaire d’une vaste aire culturelle, ou même porteuse de traits généralisables à l’ensemble de l’humanité. 
Les sociologues faisaient de même avant l'émergence de militants où leur idéologie notamment marxiste doit primer sur les découvertes et recherches scientifiques. Le cas des Pincon-Charlot est éloquent où ce qu'ils décrivent sur les riches, s'appliquent à toute communauté. De même pour les sociologues féministes dont une majorité en France est incapable de penser que l’agresseur dans un couple peut être la femme. Or, la psychologie évolutionnaire l'explique pourtant très bien. 

Quelles sont  les bases cérébrales et mentales d'une telle capacité chez l'enfant et l'adulte pour permettre la tolérance et le débat d'idées ?

La psychologie du développement et la psychologie cognitive se sont focalisées sur la période située entre l’acquisition du langage et l’entrée à l’école, et ont ainsi montré que les plus jeunes, dès le premier âge, manifestent avec une évidence frappante des changements dans leur perception d’eux-mêmes et des autres. Ils montrent notamment leur capacité à croire, imaginer et faire semblant, qui révèle leur accès à la distinction entre le monde et les représentations mentales du monde. Ils comprennent, de même, la différence entre apparence et réalité, expérience mentale et contenu de l’expérience, les énoncés et leur interprétation. 
Ces activités tendent à prouver qu’ils possèdent déjà une théorie de l’esprit, c’est-à-dire une théorie mentale de l’action humaine, rudimentaire mais cohérente. Les recherches sur les croyances, les désirs et les intentions chez des enfants d’âge préscolaire ont aussi mis en évidence un lien avec l’usage de règles normatives et de stratégies interprétatives.
On a pu décrire ce phénomène comme le début d’une culture de la rationalité, qui atteint, de 6 à 9 ans, un stade plus élevé, réflexif et mental, développant par exemple des croyances sur les croyances, des intentions à propos d’intentions, des émotions sur des émotions. 
Des recherches récentes au laboratoire de l'Université Paris Ouest ont montré que, chez l’enfant, la capacité à reconnaître la pluralité de points de vue, acquise entre 8 et 10 ans, ne suffisait pas à assurer le développement intellectuel de l’enfant et l’ouverture sociale sur la tolérance.
Des enfants de 9 ans qui avaient le même QI, disposaient des même capacités cognitives (y compris dans leur "théorie de l’esprit", leur capacité à se décentrer et à voir le point de vue de l’autre, ou du point de vue de l’autre), qui fréquentaient les même classes avec les même professeurs, qui appartenaient aux mêmes milieux socio-culturels, mais qui, pour certains, réussissaient bien en classe, alors que d’autres présentaient des difficultés d’apprentissage, avec leur train de problèmes annexes qui généralement prennent la forme soit de la dépression et de l’inhibition, soit de troubles du comportement. 
L'hypothèse, classique, était que les enfants en difficulté, à capacités cognitives égales, présentaient des troubles affectifs. Ce n’est pas du tout ce que a été trouvé. Ce qui faisait la différence entre ces deux groupes d’enfants, c’était la présence ou l’absence de la capacité à reconnaître et supporter un conflit, cognitif et affectif. 
Autrement dit, ce n’est parce qu’ils auraient été capables d’inhiber leur point de vue pour laisser place au point de vue de l’autre, mais bien parce qu’ils étaient capables de maintenir les deux présents simultanément, de les confronter et de douter – ainsi que de supporter l’inconfort affectif que ce doute entraîne – que certains de ces enfants avançaient à pas de géants dans leurs apprentissages comme dans les rapports sociaux. Piaget lui-même a placé au cœur du mouvement de maturation progressive de l’enfant la notion de déséquilibre. 

Peut-on l'enseigner aux enfants et comment afin qu'ils soient mieux prémunis contre les discours sectaires, les discours intégristes religieux ou mortifères ?

Par suite, c’est la frontière traditionnelle entre nature et éducation qui s’est déplacée. On a montré que le pluralisme interprétatif apparaît par étapes dans l’adolescence lorsque des forces cognitives et culturelles s’influencent réciproquement. Cette interaction est observable dans tout un ensemble de tâches cognitives, par exemple dans le raisonnement déductif et inductif accompagné de méta-conceptualisation. 

Les adolescents raisonnent par déduction, indépendamment de l’idée qu’ils se font du caractère de vérité ou non des prémisses sur lesquelles ce raisonnement est fondé ; la compréhension au méta-niveau des stratégies de raisonnement — leur but, leur puissance, leurs limitations, leurs possibilité d’applications — est au moins aussi important que de savoir, au niveau de la performance, comment appliquer ces stratégies. 
Le raisonnement par induction, lorsqu’il ne se fonde pas sur un apprentissage par association, implique aussi un mélange de changements conceptuels et cognitifs. Les enfants se servent de théories implicites pour donner sens à leur expérience ; les adolescents se mettent à construire "scientifiquement" une théorie, qui se définit dans ce contexte comme une théorie dont le but est de corriger, de compléter ou d’accroître la connaissance. 
Tandis que les enfants sont absolutistes dans leur approche de l’épistémologie, les adolescents s’engagent dans une argumentation, c’est-à-dire dans un processus dialogique où comparer logiquement des affirmations opposées. Lorsque cette dernière approche prend la relève, les prétentions absolutistes à la connaissance sont abandonnées et le développement se poursuit vers un haut degré de multiplisme ou de relativisme. 
Ces réponses, acquises dans l’adolescence et maintenues à l’âge adulte, sont parmi les causes les plus durables du comportement normatif. On peut les décrire comme une "institutionnalisation" personnelle de l’apprentissage. 
Dès que cette "institution" s’est faite, elle tend à suivre son propre mouvement : elle fonctionne comme une bureaucratie interne et dit à ses membres comment agir en certaines circonstances sans avoir à penser aux raisons de le faire, exactement de la même façon qu’ils apprennent à lire et oublient ensuite comment ils l’ont appris. 
La lecture, en tant que fondement de l’éducation occidentale, est peut-être le meilleur moyen d’acquérir cette structure stable d’institutionnalisation mentale. La façon dont nous apprenons à lire, donc, et, surtout, l’interrogation sur l’aide que notre lecture apporte à la diversité des interprétations ou, au contraire, à leur réduction, peut jouer le rôle de modèle pour la formation du comportement en d’autres domaines. Il peut également exister des fondements tout à la fois cognitifs et historiques à des comportements sociaux aberrants associés à des communautés ethniques, religieuses ou géographiques en désaccord avec les normes admises.
Quel est le prix de cette "dépense cognitive", et comment se règle-t-il ? Nous l’ignorons encore. 

Répondre à ces questions permettrait de commencer à limiter l'expression de l'intolérance et ces rencontres entre une offre de mort distillée par l'application littérale des textes coraniques en raison d'une interprétation unique proposée par Daesh et des théocraties musulmanes avec des sujets français errants. 

La liberté d'expression et la crise de l'Homme

L'histoire de l'humanité et de la France est jalonnée par des conflits entre, d'une part, la libre effervescence des pensées libres, fondement de la démocratie et de la tolérance et, d'autre part, l'oppression de modèles uniques de pensée qui conduisent au dogmatisme, aux attitudes fermées et à divers degrés de violences. 
Face aux autoritarismes en tous genres, l'idée d'une pensée ouverte aux opinions diverses est devenu un enjeu majeur de la société française et de la civilisation. Ce début de siècle est  paradoxal avec des progrès manifestes des droits de l'Homme (hommes, femmes et enfants) et de la démocratie mais aussi avec des centaines de millions de personnes victimes d'une intensification de massacres religieux et soumises à la contrainte oppressive de règles sociales imposées par des interprétations uniques de textes sacrés, ce qui conduit à l'intolérance. 
De même avec les injonctions de certains milieux LGBT et féministes sur comment draguer, comment regarder, comment appeler, quand changer de sexe, pourquoi la GPA est la liberté et non une marchandisation des corps, etc...

Les mécanismes de compréhension du point de vue d’autrui ne doivent pas être confondus avec les mécanismes permettant de réagir à ce point de vue. Notre capacité à changer de point de vue et à prendre en compte celui d’autrui n’est donc pas unitaire, mais recouvre un ensemble de dispositions psychologiques distinctes reposant sur des bases cérébrales spécifiques.


Quelle était la meilleure religion ?

Comme ils n'arrivaient pas à s'entendre, ils décidèrent de mettre un terme au débat par une ordalie. Ils s'attacheront leurs deux mains ensemble et placeront cette poignée de main sur le feu. Ils sont d'accord sur le verdict de l'ordalie : la main de celui dont la religion est la meilleure ne brûlera pas. Au bout d'un moment, il les retirent. Aucune main n'a brûlé. Elles sont intactes. L'ordalie a raté. 

Malik en conclut, non sans raison, que les gens vont penser que les deux religions se valent, qu'elles sont également bonnes et vraies, qu'il n'y a pas plus de raison de suivre l'une plutôt que l'autre. Malik rumine et retourne ces idées dans sa tête puis rentre chez lui très malheureux. Il prie et pleure. Puis tout d'un coup, au milieu de sa prière et de ses larmes, il entent une voix céleste qui lui dit : "Malik ne pleure pas, c'est la main de l'athée laïc qui a protégé ta main."

24 déc. 2019

Les 23 questions pour déterminer la violence de Marlène Schiappa : Le Grenelle des violences imaginaires

La blogueuse Marlène Schiappa devenue secrétaire d'état en France continue de nuire à l'égalité Homme-Femme et à réifier la femme comme une chose vulnérable qui ne peut être qu'une éternelle victime d'un patriarcat imaginaire. 

D'un Grenelle censé lutter contre les violences conjugales, Marlène Schiappa en a fait un Grenelle luttant contre les hommes hétérosexuels comme nous l'avions expliqué dans l'un de nos articles.

En effet, comme l'a rappelé le magazine l'Express, quid des violences entre homosexuels  où les lesbiennes trustent la première place des couples violents devant les couples d'homosexuels hommes et les couples hétérosexuels.
De plus, toutes les études scientifiques montrent que dans le cadre des violences conjugales les femmes comme les hommes sont violents à parts égales. Il n'y a pas plus d'hommes violents que de femmes.
De l'étude Steinmetz en 1970, Amdt en 1982, Walker et Brown en 1985, Ferraro et Johnson en 1983, Marshall en 1992, Lye et Biblarz en 1993, Archer en 2000, Addis et Mahalik en 2003, Miller et White en 2003, Galdas et al en 2005, Sweeney en 2007.
En revanche, les femmes commettent davantage d'infanticides que les hommes et la justice, où 80 % des magistrats sont des femmes, est plus clémente avec les femmes qu'avec les hommes.


Ces résultats scientifiques sur les violences conjugales sont contre-intuitifs pour le citoyen lambda en raison de la communication sur la mortalité des femmes supérieure aux hommes par la non prise en compte des décès par suicide dans le contexte de violences conjugales.

Le gouvernement vient de mettre en place un questionnaire auprès de la police française afin, soi-disant, de mieux prendre en charge les plaignants de violences conjugales et non les victimes puisque ce mot induit que la personne est déjà déclarée non responsable ni co-responsable de la situation.

Nous allons démontrer en quoi ce questionnaire de 23 questions est une aberration scientifique, au-delà que les questions ne sont pas neutres puisque orientées sur les femmes. La police devra-t-elle faire un questionnaire pour les hommes blessés physiquement ou psychologiquement lors de violences conjugales  comme lors d'un chantage à la garde d'enfants en cas de séparation fait par la femme qui sait qu'elle peut s'appuyer sur les décisions de justice majoritairement en sa faveur ?

Selon l'étude du gouvernement français en 2013 : Dans le cadre de ces 6 042 décisions définitives, la résidence chez la mère a été prononcée dans 71 % des situations, la résidence en alternance dans 17 % des situations, la résidence chez le père dans 12 % des situations et la résidence chez un tiers dans 0.1%.
 
Ce questionnaire Schiappa signe la fin de l'égalité dans la prise en charge des plaignants et de la présomption d'innocence tout en instaurant une présomption de culpabilité.


Toute méthode de recueil d'informations comporte des biais, nous allons dans un premier temps expliciter ces biais de manière générale puis effectuer un focus sur les biais que cela va induire auprès des OPJ, officiers de police judiciaire.

De façon globale, les biais sont de quatre ordres :

1 - Les biais cognitifs : la perception, l'attention, la mémoire, le langage et le raisonnement.
2 - Les biais affectifs : les sentiments et les émotions.
3 - Les biais méthodologiques : liés aux erreurs de recueil de l'information.
4 - Les biais socio-culturels : Les relations sociales et culturelles dans lesquelles les personnes évoluent et évolueront.

Un biais de méthode avec une question mal formulée, polysémique peut être lié à un biais cognitif  en raison d'un mauvais raisonnement ou d'un langage inadéquat mais il peut aussi renvoyer à un biais socio-culturel en raison de l'importance de telle valeur ou tel précepte religieux ou de questions socio-professionnelles pour les couples travaillant ensemble.
Un biais socio-culturel comme les stéréotypes ou les préjugés passe par la perception ce qui mobilise la mémoire.

L'ensemble de ces biais peuvent se manifester aussi bien consciemment qu'inconsciemment et autant chez la personne questionnée que chez celle qui recueille l'information.

Les principaux effets des biais :

1 - Les effets des biais méthodologiques
Un recueil d'information insuffisant ou incomplet, une mauvaise formulation des questions et un excès de questions ouvertes vont provoquer lassitude de la personne interrogée, déclencher un comportement d'évitement ce qui amène à une exploitation plus difficile des données délivrées.

2 - Les effets des biais affectifs
Une déformation du jugement entraînée par l'influence des états affectifs sur les processus de raisonnement et d'évaluation. Les émotions interfèrent avec le jugement de la personne sur sa situation.

3 - Les effets de biais de désirabilité sociale 
Le comportement de la personne interrogée est influencée par la volonté de se montrer sous une facette positive lorsqu'elle est interrogée et observée. Elle est motivée par une valorisation liée au fait d'être un sujet d'intérêt (Effet Hawthorne).

4 - Les effets de biais de confirmation
Une tendance naturelle pour les individus à privilégier les informations qui confirment leurs idées préconçues, leurs hypothèses et à accorder moins d'importance aux points de vue jouant en défaveur de leurs conceptions et objectifs.

5 - Les effets de biais d'auto-complaisance
Une tendance des individus à attribuer la causalité de leur réussite à leurs qualités propres (causes internes) et leurs échecs à des facteurs ne dépendant pas d'eux (causes externes).

6 - Les effets de biais d'handicap intentionnel
Une stratégie consistant à mettre en avant des obstacles à sa propre réussite dans l'optique d'un échec futur pour éviter des interprétations causales.

7 - Les effets de primauté ou de récence
 La personne donne une importance exagérée à ce qui se passe au début (primauté) ou à la fin (récence) du recueil d'information

8 - Les effets de Halo
Une des caractéristiques de la personne qui détient l'information influe favorablement ou défavorablement  la perception totale et globale de celui qui recueille l'information.

9 - L'effet de fixation de l'objectif
La personne reste focalisée sur son objectif sans communiquer sur la globalité de la situation.

10 - Les effets de biais de similarité et de différence
Considérer que la personne qui recueille l'information sera plus favorable si elle est identique à soi et plus défavorable si elle est différente.

11 - Les effets de soumission au groupe
Une personne interrogée peut être influencée par les réponses préalables des autres membres de son groupe même si cela ne lui convient pas.

Les biais que nous avons listés sont des biais propres à tous les individus, ils sont présents de manière plus ou moins marqués suivant le contexte. Dans le cadre des violences conjugales, nous pouvons déjà observer l'impact qu'ils peuvent avoir dans une enquête policière puis devant un tribunal.

Pour les OPJ, officiers de police judiciaire, ils considèrent qu'un témoignage exhaustif et exact est un facteur déterminant pour la réussite d'une enquête.

A première lecture du questionnaire des 23 questions décidées par Marlène Schiappa et Christophe Castaner, nous pouvons constater que les biais sont plus importants que la recherche de vérité, pourquoi ?

Tous les récits comportent toujours des erreurs et des oublis et ce pour deux raisons majeures :

1 - Les défaillances des témoins 

2 - Les défaillances méthodologiques de la police française.

Quel est le protocole de la police française lors d'un dépôt de plainte ?

L'OPJ est censé faire une brève présentation afin de réduire l'anxiété de la personne interrogée.
Cela nous renvoie aux biais affectifs de la personne venant déposer plainte.

Ensuite, l'OPJ est censé demander un rappel libre des faits afin de ne pas orienter le témoignage,  d'interférer avec les souvenirs de la personne.

Or, selon l'étude de 2001 de Ginet et Py, seules 14 % des auditions comportent un rappel libre des faits. Et lors de ces rappels libres, près d'un tiers des personnes sont souvent interrompues à une fréquence élevée par l'OPJ ce qui va influencer la personne interrogée dans son récit de témoignage.

Pourtant, les études montrent et démontrent que le rappel libre des faits contient moins d'erreurs de témoignages que les questions fermées comme celles du questionnaire des 23 questions.

Les questions spécifiques nuisent à la qualité du témoignage en focalisant la mémoire sur certains aspects ce qui d'une part peut remanier le souvenir en faveur du sens que la personne interrogée désire et ce qui oriente l'enquête.

Toujours selon l'étude Ginet et Py de 2001, les OPJ posent huit fois plus de questions fermées qu'ouvertes  avec 30 % de questions dirigées donc biaisées et 12 % de questions négatives.

Conseils pour les prochains ministres de l'égalité Homme - Femme et de l'Intérieur, soucieux de la vérité et des travaux scientifiques.

Des solutions existent afin de faciliter le travail des enquêteurs de la police française comme un plus grand usage d'un rappel libre où l'OPJ veillera à une remise en contexte mental, soit de penser aux élèments environnementaux, émotionnels et humoraux de la personne interrogée.
A l'issue du rappel libre de faire un changement narratif dans différentes temporalités avec des changements de perspective selon plusieurs angles de vue.
Ainsi, le recueil d'information permet d'avoir 30 % d'informations supplémentaires et cela limite les affabulations de la personne interrogée.

La parole étant inséparable de ses conditions de profération, il est indispensable de s’intéresser aux circonstances du dévoilement des faits et au contexte familial, ce qui suppose un minimum d’expertise du fonctionnement familial. De nombreux travaux de recherche ont porté sur les allégations d’abus sexuels dans le cadre des procédures judiciaires de séparation des parents. 
Elles sont le plus souvent le fait des mères (71%) dans l’étude récente de Bala et Schuman, un peu moins des pères (17%) et rarement des enfants eux-mêmes (9%). 
Même si elles sont en augmentation ces dernières années, représentant selon les auteurs entre 2% et 10% des procédures judiciaires de séparation,  les allégations d’abus sexuels à l’encontre de l’un ou l’autre des parents restent finalement assez minoritaires. Dans l’étude québécoise de Thoennes et Tjaden, seulement la moitié des 129 situations d’abus allégués s’est avérée fondée.

Merci de votre attention



19 avr. 2019

De l'apprentissage à la signature du contrat de travail.



Des statistiques aux actions ?

Quand nous nous basons sur des statistiques pour déterminer des actions de remédiations afin d'améliorer le couplage Formation-Emploi, il faut s'assurer que la Data sera significative et non anecdotique.

Avec les statistiques de consultation du blog Code 7H99, les articles les plus consultés sont :

  1. Les 5 grandes théories de l'apprentissage
  2. Le salaire en intérim
  3. Les primes en intérim
  4. La marge brute et l'intérim
  5. L'accident du travail en intérim
  6. L'impact des contrôleurs du Pôle Emploi
  7. L'indemnité de fin de mission
  8. Des Tests managériaux
  9. La signature du contrat de travail
Nous pourrions en déduire, à première analyse, qu'il s'agit des 9 centres de préoccupation chez un individu lambda. Nous manqueraient-ils des élèments ? Toute la question est là.


Nous pourrions consulter en complément les analyses et méta-analyses des chercheurs afin de développer l'angle de vue pour obtenir une vision plus globale du pont entre l'éducation et la formation avec l'emploi et son avenir.

Or, quand un pont s'effondre, le cas du Pont de Tahoma, ce n'est pas la résonance entre un élément extérieur au pont le vent avec un des élèments de construction du pont mais  Voir notre article sur les systèmes prédictifs.

Et, si le système développe ses propres propriétés, elles ne sont pas nécessairement celles de l'individu, ce qui peut conduire à des résistances, des conflits, des refus temporaires ou permanents ou une amélioration significative pour l'individu.

L'éducation et l'apprentissage questionnent tant par la modalité des solutions que par leur idéologie qui peuvent être sous-jacentes. Les méthodes éducatives Les 5 grandes théories de l'apprendre ont évolué en plusieurs siècles comme les modalités d'apprentissage et du travail. Certaines s'interconnectent et permettent alors une transition, d'autres non. Ce point d'équilibre du système sera alors modifié entre le poids de ceux qui réussissent et ceux qui échouent.

Quels seront alors les critères de réussite et d'échec à prendre en considération afin d'améliorer la situation professionnelle d'un des individus en échec ?

Prenons l'exemple d'un professionnel en réussite qui va avoir un accident de la vie et voir ainsi tout son environnement modifié ainsi que sa propre perception de ce même système puisque n'étant plus le même, son regard, ses interactions ne seront plus jamais les mêmes.

Nous connaissons et nous avons vu l'évolution de ce genre de personnes. Des professionnels en réussite connaissant un accident les incapacitants à plus de 80% ou moins, quel avenir pour eux ?

D'après ce que l'on entend ici ou là, les corps intermédiaires seraient en charge d'y remédier afin d'apporter une réponse personnalisée mais sans concertation. Là est le hic.


L'exemple qui va suivre n'est pas inspiré d'un cas réel mais extrait d'un cas réel.

Un cuisinier excellent, faisant le travail de 3 personnes habituellement mais payé guère plus qu'un cuisinier Lambda. Il compense par quelques vols de nourriture, fait des extra en complément.

> Accident de la vie > Handicap à plus de 80% à l'issue

Il va y avoir tout le parcours médical où la connaissance et les relations de ce cuisinier permettront de déterminer l'établissement le plus apte à faire les soins et la rééducation.

Un groupe d'experts déterminera à l'issue son degré d'invalidité lui permettant ou non de retrouver un emploi.

Manque dans cette analyse, l'avis des familles qui sont sans connaissance médicale ni juridique et ne peuvent que s'en remettre à l'avis des experts. Quid quand la famille est à 500  Km de la victime et que la victime est accompagnée par un tiers dit de confiance avec nul contact avec la famille ?

Dans notre exemple, le tiers de confiance dans sa fonction support ne pouvait lui-même plus avoir de temps disponible pour sa propre vie.  Les aidants connaissent cette situation. Une difficulté pour tous.

Car, le déclaratif de l'accidenté ne correspond plus à son quotidien, à ses problématiques et impossibilités sans que ce dernier en ait conscience. Une difficulté supplémentaire.



Les études universitaires auprès des traumatisés crâniens sévères permettent de voir l'évolution à 5 ou 8 ans mais guère plus, ce type de recherches étant nouveau et nécessitant une interconnexion avec d'autres spécialistes où ce nouveau savoir doit être intégré dans leur base de connaissances et de pratiques.

Or, tant un ignorant ou considéré comme tel sera moqué et on lui imposera de croire tant un docteur expliquera avec son savoir certifié par diplôme Bac+8 que non, peut-être, et si vous lui dites que c'est lui l'ignorant, il répondra comment un niveau bac peut se permettre de critiquer un Bac+8.

Quel tropisme où le dialogue devient impossible alors même que ces deux parties ne visent qu'un meilleur avenir pour l'accidenté. La situation d'entre-aide se transforme en relation d'incompréhension, de mépris voir de refus avec un changement de médecin et non de famille !

Mais le médecin, lui, continuera à perpétuer son ignorance pour différentes raisons sans remise en cause. L'exemple du syndicat de médecins menaçant de ne plus faire d'IVG si les négociations n'avancent plus. La femme devenant otage d'une situation qui lui est extérieure, où elle n'a pas son mot à dire si ce n'est d'exprimer des craintes et l'impact potentiel sur sa propre vie à ce moment-là.

Dans notre exemple, le cuisinier est en CDI, il bénéficie de toutes les protections sociales, quid s'il était intérimaire ou au Rsa ?

De la reconnaissance de l'accident aux solutions déployées, l'avenir n'est plus le même, la prise en charge est différente, les difficultés s'accumulent en dépit du droit et du "bon sens".

Dans ce cadre, la signature du contrat de travail devient impossible. Que devient la personne handicapée ? Que devient l'aidant initial ?




7 mars 2019

Qu'est-ce que le féminisme peut apprendre de l'Intelligence Artificielle, du Deep et du Machine Learning ?

Demain, 8 mars 2019 aura lieu la #JournéeMondialeDeLaFemme, nous rajouterons et préciserons Demain, 8 mars 2019 aura lieu la  #JournéeMondialeDeLaFemmeCitoyenne.

Une première pensée pour Olympe de Gouges, l'auteure de la célèbre déclaration de la Femme et de la Citoyenne.


Une deuxième pensée pour les femmes mineures et mariées de force.


Une troisième pensée pour les femmes en Arabie Saoudite


2019 : Où en est le féminisme en France ?

Deux courants majeurs s'opposent avec d'un côté un féminisme dit Universaliste et de l'autre un courant dit Intersectionnel.

En 2017 et 2018, différents conflits avaient déjà émergés entre les Universalistes et Intersectionnelles lors de différentes marches avec des slogans racistes et ségrégationnistes.




Et une ville de France s'est démarquée, la ville de saint-denis avec cette affiche où la France est assimilée au nazisme par rapport à différentes composantes de la population française.


Une inversion accusatoire singulière venant de cette ville où les évènements amplificateurs de haine de l'autre ne sont pas anecdotiques. Cette même ville où un reportage de la chaine de télévision TF1 expliquait qu'il restait encore 4/5 enfants juifs dans une école, ce qui pour beaucoup est l'expression d'un antisémitisme fort dans cette ville et pour une minorité que c'était la preuve que l'affirmation d'un exode des français de confession juive de cette ville et ce département était exagérée.
Pour ce qui est des points positifs concernant la situation des femmes, la France est le premier pays au monde pour l'égalité Homme / Femme d'après une étude de la Banque Mondiale. Un excellent résultat qui ne doit pas masquer ou primer sur les inégalités et discriminations toujours en cours.

Qu'en est-il des divisions entre les différents mouvements féministes en France et qu'est-ce que ces mouvements peuvent apprendre de l'Intelligence Artificielle, du Deep et Machine Learning ?

Pour répondre à ces deux questions, il nous faut faire un détour anthropologique préalable sur les nouveaux déterminismes cognitifs.

Tout comme le féminisme en 2019, l'anthropologie connait deux courants majeurs :

Les théories évolutionnistes portées par les travaux de Darwin et les théories diffusionnistes basées sur la phénoménologie, soit le fait que les humains sont crées par les messages qu'ils reçoivent tout autant que par leurs gènes.

Ainsi, l'anthropologie change de sujet d'études :

> Avec les évolutionnistes, c'est la nature humaine qui est le sujet de l'anthropologie.
> Avec les diffusionnistes, ce n'est pas tellement les gens mais l'intervalle entre les gens, soit les communications qui passent par et entre eux.

A noter que pour les neuroscientifiques, l'évolution humaine repose sur 4 piliers :

1 - La génétique
2 - L'épigénétique
3 - La culture
4 - L'environnement 

Pour les scientifiques de l'éducation, l'évolution humaine repose sur 4 piliers :

De Piaget pour qui le développement des schèmes opératoires est le résultat d'un processus dynamique de recherche d'équilibre entre le sujet et son environnement à Wallon, Vygotsky et Brunet qui préciseront que les variables sociales sont consubstantielles aux processus d'apprentissage eux-mêmes grâce à l'effet des mécanismes inter-individuels sur les intra-individuels.


Clermont-Perret conclura en 1996 que l'interaction formative peut avoir lieu entre personnes de même niveau à condition qu'elles développent des points de vue différents sur le sujet d'étude. La personne surmontant le conflit socio-cognitif, sujet < > Représentation des autres.


 Anthropologie comme féminisme ont connu plusieurs évolutions :

La prise en compte de la variation culturelle. Comme les cultures sont différentes et bien plus qu'on ne l'appréhende, les gens n'ont pas tendance à voir les spécificités, ce qui amène à l'argument d'ethno-centrisme. 
Or, si l'on considère que l'Homo sapien est prédisposé à comprendre la causalité avec la physique, la biologie et la psychologie, cela limite drastiquement la variation culturelle sans pour autant l'éliminer. Les anthropologues ont abusé le grand public avec une exagération dans la prise en compte des variations culturelles. 

L'exemple le plus démonstratif est : Tabula Rasa.

La théorie de l'enfant est une page blanche de John Locke.

 Vous avez la fonction
sous-titre dans la langue de votre choix

Les enfants naissent avec des prédispositions pour comprendre les connaissances de base de manière universelle et indépendamment de la culture et du contexte historique. Ainsi, les différences culturelles sont superficielles. De l’aborigène au chinois du 14e siècle en allant au français de 2019, ils pensent la même chose de ce qu'est un animal, une personne ou la morale.

Une représentation picturale du 12e, 16e ou 21e siècle sont toujours les mêmes peu importe la géo-localisation.


Maintenant que nous avons terminé ces précisions, ce détour, ce préambule, répondons à la question initiale : Qu'est-ce que le féminisme peut apprendre de l'intelligence artificielle, du Deep et du Machine Learning ?

Dans le prochain article à paraître au plus tard pour le 8 mars 2019 et cette journée de la Femme et de la Citoyenne.

Et l'Intelligence Biaisée créa la Femme


6 mars 2019

Comment évaluer l'empathie ?

Julie Grèzes propose un exposé sur nos interactions sociales avec autrui et sur la régulation de nos propres émotions, de notre capacité à comprendre l'autre, en d'autres termes, l'empathie.

L'empathie n'est pas uniquement de la contagion émotionnelle, mais c'est aussi distinguer soi de l'autre et réguler ses propres émotions. Et cela va dépendre de plusieurs facteurs différences inter-individuelles entre les gens, capacité inégale à ressentir de l’empathie, relations entre les groupes et les hiérarchies sociales.

Julie Grèzes Directeur de Recherche INSERM dirige l'équipe "Cognition Sociale" au Laboratoire de Neurosciences Cognitives Inserm U960 de l’École normale supérieure de Paris. Son travail consiste en l'étude des liens entre la cognition sociale et le système moteur, elle cherche à identifier les mécanismes permettant de lire les signaux sociaux d'autrui et de réagir de manière appropriée aux situations sociales.

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En complément, l'empathie chez l'homme et la femme est différente :

May the force of gender be with you: Identity, Identification and “Own-Gender Bias” de Nathan Hook.
Dans ce chapitre, une méthodologie expérimentale innovante est décrite pour étudier l’identité en utilisant l’identification avec des personnages fictifs dans un récit de fiction informatisé (hypertexte). Cette méthodologie révèle une conclusion imprévue selon laquelle les femmes s'identifient plus fortement avec leur propre sexe, tandis que les hommes s'identifient de manière égale avec l'un ou l'autre. Cela fait écho à d’autres résultats de recherche de domaines assez différents, suggérant un phénomène général. Les implications pour les recherches futures et la manière dont ces résultats pourraient éclairer la communication créative et la pratique de la santé mentale en relation avec le genre sont discutées.

2 juil. 2016

La psychologie cognitive et le néo-cognitivisme

Lois & usages d'apprentissage

Le cognitivisme est le courant de recherche scientifique endossant l'hypothèse que la pensée est un processus de traitement de l'information, cadre théorique qui s'oppose, dans les années 1950, au béhaviorisme. On l'inscrit généralement dans l'approche computo-représentationnelle de l'esprit, bien que depuis la fin des années 1980, le modèle connexionniste rivalise avec le computationnalisme.
Ce courant s'inscrit à l'opposé du béhaviorisme, mouvement qui remettait en question la scientificité de l'étude de la cognition, celle-ci n'étant pas directement observable. Notons que, dans la francophonie, cognitivisme est parfois employé comme synonyme de sciences cognitives, ce qui n'est pas tout à fait exact. Il s'agit plutôt du courant de pensée qui, dans les années 1950, s'opposant au béhaviorisme, donna par la suite naissance aux sciences cognitives.
 
 
Howard Earl Gardner 1943 -  est le père de la théorie des intelligences multiples. Ses travaux se répercutent parfois dans le milieu scolaire.
Il conclut qu'il doit y avoir des formes différentes d'intelligence, indépendantes les unes des autres, dans la mesure où, lorsque certaines sont détruites, les autres ne sont pas affectées. Vincent Gerard connaissance de soi.
Wikipédia

Révolution cognitiviste
La révolution cognitiviste ou révolution cognitive, d'après une expression d'Howard Gardner 1985, désigne le mouvement scientifique qui, né à la fin des années 1950, a donné naissance aux sciences cognitives.
Dans le domaine de la psychologie, elle a conduit à dépasser le cadre béhavioriste pour revenir à l'étude de la pensée dans une « approche interdisciplinaire du mental ».

Le débat majeur entre B. F. Skinner et Noam Chomsky sur le langage a été l'un des premiers moments de cette « révolution ».

Revenant sur cette époque en 1997, Chomsky écrivait :

« Que le mot "révolution" soit approprié ou non, il se produisit un important changement de perspective dans les années 1950 : on passa de l'étude du comportement et de ses produits tels les textes à celle des mécanismes internes constitutifs de la pensée et de l'action.
Le point de vue cognitiviste ne considère pas le comportement et ses produits comme son objet de recherche mais comme autant de données susceptibles de fournir des indications sur les mécanismes internes de l'esprit et sur les façons d'opérer de ces mécanismes dans l'exécution des actions ou l'interprétation de l'expérience...
Cette approche est "mentaliste" s'emploie à étudier un objet réel du monde naturel – le cerveau, ses états et ses fonctions – et à intégrer ainsi progressivement l'étude de l'esprit au sein des sciences biologiques. »

Les 4 questions en suspend

1-Quel est l'aspect de la compétence à acquérir ?
Accéder à la vidéo explicative par le toucher

2-Quel est le processus d'apprentissage pour poursuivre et atteindre la compétence ?

3-Quels sont les principes et lignes directrices pour amorcer et faciliter l'apprentissage ?

20 sur 20 ?
4-Quelles méthodes d'évaluation pour suivre et renforcer l'apprentissage ? 

7 juin 2015

Un management à 50 euros ?

Bonjour Agent M

Heureux de vous retrouver ici.

Vous vous interrogez sur les liens entre un billet de 50 € et votre management ?



Prenez place
Robert-Vincent JOULE est Professeur des Universités.
Il consacre l’essentiel de ses activités de recherche à la question du changement des comportements et des mentalités. Pas de complot, de Nouvel Ordre Mondial ou d'Illuminatis dans cette conférence, juste la démonstration que de simples petites actions peuvent influencer notre comportement.
L'auteur de la vidéo de la conférence de Joule ayant décidé de restreindre son accès, vous êtes invités à cliquer sur le lien ci-dessous pour la visionner. Désolé pour ce désagrément.




Sommes-nous manipulés ?4/4 par tchels0o

Comment allez-vous intégrer ces nouveaux savoirs dans votre modélisation de l'excellence ? 

Toucher pour ouvrir l'accès

3 juin 2015

Test Management : Savez-vous soumettre librement vos collaborateurs ?

 Bonjour Agent M

Je ne m'attendais pas à vous retrouver ici si tard.

Vous êtes intrigué par un tel titre sur ce blog. ?

Pour reconnaitre, il faut déjà connaître.

Si vous pensez avoir réussi vos 4 modules de formation sur la servitude volontaire,
testez l'état de votre intégration avant de le faire savoir. 

Que l'excellence soit avec vous  !

Intégrez des Quizz Société depuis Quizz.biz

31 mai 2015

Gestalt- psychologie

Lois & Usages
Lois & usages de l'Apprentissage
Wertheimer et Köhler

   
Max Wertheimer  1880 - 1943 est un psychologue allemand, l'un des fondateurs de la psychologie de la forme.
Les recherches de Max Wertheimer portent à l'époque sur la psychologie criminelle Stumpf enseigne cette matière et Wertheimer suit également les cours de criminologie de Hans Gross. Avec un camarade rencontré lors de ses études de droit à Prague il développe une technique basée sur les associations entre mots et les réactions physiologiques pour détecter les mensonges des suspects et déterminer leur implication dans un crime.
Wolfgang Köhler 1887 - 1967 est un psychologue allemand et l'un des fondateurs de la psychologie de la forme. L'un des résultats les plus connus de Köhler est sa description du phénomène d’insight dans la résolution de problèmes chez le chimpanzé.
Il décrit comment l’animal s’arrête après plusieurs essais infructueux puis semble découvrir subitement une solution nouvelle par la réorganisation des éléments du problème.
Cette analyse s'oppose frontalement à l'idée de l’apprentissage par renforcement prôné par les béhavioristes comme un principe suffisant pour rendre compte de l'ensemble des conduites humaines ou animales.
L’existence de l’insight empêche en effet de réduire la résolution de problèmes au conditionnement.
Wikipédia


Les 4 questions en suspend ?

1-Quel est l'aspect de la compétence à acquérir ?
Accéder à la vidéo explicative par le toucher

2-Quel est le processus d'apprentissage pour poursuivre et atteindre la compétence ?
3-Quels sont les principes et lignes directrices pour amorcer et faciliter l'apprentissage ?

20 sur 20 ?
4-Quelles méthodes d'évaluation pour suivre et renforcer l'apprentissage ? 
 
Pouvez-vous citer un exemple où l'insight 
a participé à la résolution d'une réussite professionnelle ?

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