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2017 > Le gouvernement, l'emploi et moi et moi et moi ?



De 2012 
Louis Gallois remet le pacte pour la compétitivité et l'industrie française 
au 1er ministre Jean-Marc Ayrault 
sous la présidence de François Hollande :

BFM
A 2017 avec le billet du jour de Nicole Ferroni 
France Inter.



A l'Emploi :

Radio Sputnik
Youtube


A l'entrepreneuriat ?


Digital Labour



Au chômage?

Le travail, c'est fini ! Reportage choc 2016


Et moi et moi et moi


Bonne année 2017 
à vous, à vous, à vous, ...

Qualité et Pertinence en recrutement : Je ne discrimine pas donc je recrute bien ?


Bonjour Agent M
Heureux de vous retrouver ici.
Vous vous interrogez sur la qualité de votre recrutement ?

 

Voici de quoi éclairer vos zones aveugles et vous permettre de mieux recruter aujourd'hui et demain.

Avec un taux de chômage si élevé, les entreprises ont l'embarras du choix pour recruter.
Cela signifie qu'elles sont renforcées dans la logique du moindre effort comme tout à chacun. Pour les entreprises, le recrutement d'aujourd'hui est réalisé le plus souvent sous le prisme des discriminations, ce qui pourrait se traduire par :  

Je ne discrimine pas donc je recrute bien ?


Or, discriminer signifie : distinguer, établir une différence entre des personnes. Et le recrutement consiste bien à distinguer un candidat d'un autre...pour ensuite "performer" sur le poste tant convoité

J'entends déjà les plus rapides d'entre vous me signifier qu'il ne faut pas confondre les critères discriminants illégaux et légaux.

La diversité des modes opératoires de recrutement conserve quelques éléments invariants comme la passation d'épreuves de sélection que ce soit lors de recrutements par CV + entretiens + tests, par job dating, ou par la méthode des habiletés, etc... 


L'objectif du recruteur est de permettre à tous les candidats de pouvoir exprimer leur degré réel de maîtrise et de performance de leurs compétences lors des sélections afin que le hasard ou les relations du candidat ne viennent pas interférer dans le résultat attendu.

Toutefois pour rappel, qui n'a pas été étonné de la condition du Bac +2 pour être caissier de supermarché. Une discrimination certes légale le diplôme  mais qui interroge sur son rôle d'exclusion et la pertinence de ce critère.

Par ailleurs, l'objectif du recruteur est également d’agréger un nouvel individu à une équipe, de réaliser une addition de compétences à un ensemble ayant déjà des règles de fonctionnement implicites et explicites.

Or, selon la théorie des systèmes et le fait que « le tout est plus que la somme des parties », « il existe des qualités émergentes, c'est-à-dire qui naissent de l'organisation d'un tout, et qui peuvent rétroagir sur les parties ».Mais aussi « le tout est également moins que la somme des parties car les parties peuvent avoir des qualités qui sont inhibées par l'organisation de l'ensemble ».

La recherche d'équité

Face aux discriminations sur les origines ethniques des candidats, le CV anonyme a été une réponse.
Face aux discriminations sur l'apparence physique, les entretiens en aveugle ont été une réponse.
Face aux discriminations sur l'origine sociale des candidats, la composition des recruteurs a-t-elle était revue ?

Face aux croyances des recruteurs, ces derniers ont-ils leur mot à dire sur les systèmes d'évaluation internes qui sont parfois dans l'illégalité comme la presse et certains avocats le relevaient dernièrement avec l'évaluation par ranking. et qui pourtant sont utilisés dans l'évaluation de candidats en externe.



Le recrutement, cette affaire complexe de sélection interroge donc notamment sur la légitimité de la sélection qui contrairement au sport pour désigner un vainqueur, l’interprétation des recruteurs questionne.

«Si tout est épreuve, que chacune est quotidienne, que l’identification des épreuves qui comptent le plus n’est pas faite ou change tous les jours, que les critères de jugement sont multiples, variables et parfois non formalisés,on ne voit pas très bien ce qui peut encore permettre de dire que les sélections sont justes et que les jugements en termes d’accès au travail, de qualité des contrats offerts ou de rémunération sont fonction du mérite relatif des personnes»  
Boltanski, Chiapello,1999,p.409

La recherche de proximité : Sous-traiter au réseau une partie de la sélection
Marché dit caché des offres d'emploi et cooptation
Les candidatures qui proviennent du réseau bénéficient d’un avis favorable qui vont leur permettre d’échapper à certaines investigations ou de bénéficier de procédures allégées. Cela ne signifie pas que les candidats échappent à toute forme d’évaluation. Ils sont sélectionnés en amont du recrutement : le jugement est en partie sous-traité au réseau. Or, que devient la légitimité de la sélection dans ce mode opératoire ?


Quel est le degré de flexibilité des candidats ?
Disponibilité horaire, disponibilité immédiate et le lieu d’habitation des postulants impactent directement le recrutement ou non des candidats aux métiers bassement qualifiés manutentionnaire, agent de gardiennage ou d'entretien alors que pour un PDG, ces questions ne sont pas discriminantes. l'un des PDG d'Adecco résidait à plus de 300km de son lieu de travail quotidien. Il prenait le TGV

Les traits de caractère du candidat sont-ils compatibles avec le poste ?
La croyance actuelle est que certaines formations comportementales donneraient naissance à  des traits de caractère. Cette confusion entre les qualités communicationnelles du candidat et sa personnalité laisse une belle croissance aux entreprises de recrutement par personnalité, la psychiatrisation des compétences est la tendance actuelle :


Au travers de ces quelques exemples, la question de la légitimité est de plus en plus complexe sans compter la nouvelle tendance avec le recrutement sur critères cognitifs .

Ce que révèle la diversité des critères pris en compte, c’est bien la pluralité des registres sur lesquels se définit la compétence. Les conventions de compétences varient non seulement avec les niveaux d’emploi, mais aussi avec les secteurs d’activités et les types d’entreprises.

Entre des critères de recrutement illégaux ou très aléatoires dans la mise en place de la sélection, des méthodes d'évaluation qui échappent autant aux candidats qu'aux recruteurs eux-mêmes, la multiplicité des critères participants au jugement du recruteur sur la qualité du candidat retenu conjuguée à la multiplicité des méthodes et techniques de recrutement font que d'un point de vue macro, les discriminations peuvent sembler régresser alors que localement ce n'est pas le cas.

Admettre qu'il est plus complexe pour un senior, un handicapé ou un jeune de valoriser son potentiel ou son expérience sous le format d'un CV permet de privilégier les entretiens de recrutement toujours aussi inutiles dixit un panel de chercheurs d'origines disciplinaires diverses.




Les recherches universitaires permettent à ce jour et jusqu'à preuve d'une nouvelle recherche la science n'est pas du marbre mais une pâte à modeler de savoir que les embauches sont le fruit de nouvelles relations professionnelles dans moins de 50% des cas et uniquement pour des candidats et métiers très particuliers. 
Les employeurs font appel aux outils du recrutement quand leurs équipes internes n'ont pas su identifier une personne compétente de leur entourage et pour les métiers à très bas salaires et sans qualification, la cooptation ne se fait pas sur une base de savoir-faire identifiés mais juste par la circulation de l'information dans l'environnement proche des salariés.

Ce que l'on sait sur les déterminants et la réalité des l'embauches
  • 1/3 candidat a trouvé un emploi sans intégrer un processus de recrutement
  • Être en poste permet d'avoir un autre d'emploi
  • Connaître un pair dans l'entreprise augmente l'accès à l'information et donc à l'emploi
  • Les entreprises privilégient les candidats ayant d'abord la compétence de savoir-être recruté avant la maîtrise des pratiques professionnelles indispensables à la tenue du poste. 
  • Ceux qui connaissent le moins de période de chômage, sont ceux qui acceptent de se soumettre plus facilement aux différentes injonctions paradoxales des entreprises, seront ceux qui retrouveront plus rapidement un emploi notamment sur un marché de l'emploi où le rapport de force est clairement en défaveur des candidats. Le candidat idéal ? > Moins cher, plus productif, sans revendication, sisisi des études l'ont démontré. Il obtient toujours un job.
  • Les profils "juniors" sont d'abord évalués sur leur savoir-faire et les "séniors" sur leurs qualités
  • La proximité sociale entre le candidat et le recruteur est déterminante pour l'obtention d'un emploi il faut d'abord être du sérail avant de plaire et de convaincre
  • Les candidats arrivés à l'étape de l'entretien de recrutement se conformant le plus aux représentations sociales des recruteurs sur leur appartenance sociale vraie ou supposée seront privilégiés
  • Les canaux informels permettent un accès à l'entretien mais ne concernent que majoritairement les métiers les moins qualifiés et les plus qualifiés pas pour les middle job des middle class même s'ils reposent sur des dynamiques et des systèmes de recommandations différents personnelles / professionnelles  / image et valorisation sociale
  • Le profilage du candidat à recruter dépend des moyens internes de l’intermédiaire de l'emploi et non des spécificités requises pour se maintenir et développer le poste visé.
  • Les intermédiaires de l'emploi privés avec leurs études sur les parcours de recrutement normalisent le marché de l'emploi et renforcent les croyances des employeurs
  • Les profils "clones" sont privilégiés par les intermédiaires de l'emploi privés pour augmenter leur chiffre d'affaires, les profils atypiques ne servant qu'à valoriser les profils "clones" quand l'intermédiaire soumet plusieurs candidatures
  • Le succès des intermédiaires de l'emploi ne repose pas sur le professionnalisme de leurs méthodes de recrutement mais sur la caution qu'ils apportent à l'entreprise et les garanties fournies en cas d'échec
  • Les intermédiaires de l'emploi opérant par "matching" processus des sites de rencontres, vous les sentez les Tinder et Adopte un emploi ? tendent à faire diminuer la capillarité des informations et donc la diversité des candidats, soit les réussites d'une embauche réussie à terme pour la performance de l'entreprise. l'entre-soi, ce poison si patient
  • Le réseau des salariés non cadres sera d'autant plus performant pour trouver de nouveaux candidats que les employés auront été recrutés par des méthodes de recrutement dites "scientifiques" renforçant leur sentiment d'appartenance à l'entreprise et leur valorisation. Ils ont été choisi sur des critères dits "objectifs". Ils sont les élus.

Avec le projet de loi El Khomri - Macron - Valls - Hollande, le travail du salarié devient sans mémoire.

Le projet de loi de la ministre des CDD Myriam El Khomri ne divise que les professionnels de la communication sur comment faire adopter cette loi. Pour les autres parties prenantes de la société, cette réforme du Code du Travail ne fait pas polémique. Tous sont unanimes sur la précarité qu'engendrera cette escalade dans l'abandon de la professionnalité.

Depuis la première caisse enregistreuse aux derniers algorithmes, le monde du travail s'est d'abord industrialisé et aujourd'hui il se numérise. Simplement après avoir énoncé cette évidence, il convient alors de s'interroger sur la notion de progrès et de ses subtilités.

Il ne s'agit pas de se déclarer technophile ou technophobe, ce binarisme est peut-être l'apanage de nos outils informatiques du quotidien, il est d'une extrême pauvreté pour n'importe quel cerveau humain. Comme le soulignait déjà Flaubert "Comparaison n'est pas raison" ou autrement exprimé pourquoi comparer l'art Pariétal avec l'art Numérique ?

Il ne s'agit pas de déterminer quel art mérite ou non une majuscule, mais d'admettre que chacun véhicule une idée du progrès, la question devient alors : prédire qu'est-ce que le progrès commence par définir le but de l'Histoire.

Des outils crées par la main de l'homme à ceux conçus par les machines puis les algorithmes et les robots, le progrès s'est révélé très utile pour développer la productivité d'Henri Ford et l'étude du 20e siècle nous montre à quel point les notions de progrès scientifiques et techniques se sont répandues dans la société quand les notions de progrès humains et d'amélioration de la condition de vie semblent être devenues des éléments de décor et non un but de l'Histoire de l'Homme comme c'était le cas au siècle des Lumières.

Savez-vous que l'objectif de Frederick Taylor était avant tout de mettre un terme aux conflits permanents entre des patrons excédés par l'oisiveté potentielle des salariés et ces fameux salariés qui exigeaient un meilleur salaire pour se montrer plus engagés dans leurs tâches et la réussite de l'entreprise ?

C'est ainsi qu'est née l'organisation scientifique du travail (OST) avec les corollaires de segmentation des tâches jusqu'à en faire des automatismes avant le remplacement par des automates. Or, il ne faut pas oublier qu'à la même époque les sciences sont organisées en silo, en champs disciplinaires, nulle inter ou transdisciplinarité, les logiques sont mécanistes (Causes, conséquences, corrélations), la complexité et la transdisciplinarité n'arrivant qu'à la fin du 20e siècle comme le big data.

Or, s'il est incontestable que le taylorisme jusqu'au toyotisme et maintenant l'uberisme ont permis une augmentation de la productivité et des profits, il est tout autant incontestable que des ouvriers d'hier aux cadres d'aujourd'hui, les algorithmes et robots dépossèdent ces mêmes salariés de leur travail, de leur professionnalité et inventivité.

L'un des effets de la mondialisation est la concurrence accrue rendue possible par une certaine généralisation des savoirs. Les entreprises de chaque pays sont mises en concurrence et encore plus avec le numérique où la distance maximale est d'un seul clic. Chaque entreprise est le plus souvent équipée d'ordinateurs, analysent ses données ce qui induit aussi que chaque manager, chaque salarié ne décide plus, ne choisit plus en fonction de la meilleure solution mais de la solution la plus facilement justifiable par les données. 
Idéal si ces fameuses données visibles ne faisaient pas tant abstraction du travail invisible (décrit par Christophe Dejours). Si je devais faire une comparaison, je choisirais celle de l'étude de l'univers où la matière noire est plus présente que la matière que nous savons étudier avec les outils d'aujourd'hui. 

L'une des spécificités de l'entreprise d'aujourd'hui réside dans sa capacité à avoir su matérialiser puis dématérialiser avec le numérique le travail mais cette capture et cette concrétisation par sa capitalisation ne constituent alors que notre héritage scientifique et technique. Je reviens à une de mes questions posées, qu'en est-il du progrès humain et de l'amélioration des conditions de vie ?

Quand les entreprises se dotent de directions du bonheur, de campagnes communicationnelles 'J'aime ma boite' et organisent régulièrement des salons professionnels : Bien-être et Entreprise, force est de constater également la prévalence de l'épuisement professionnel des salariés (Burn out), l'augmentation des suicides au travail ou à sa suite ou la déshumanisation croissante dans de plus en plus de secteurs. Et ce à un tel niveau qu'il faille nommer une loi Dialogue Social dans l'entreprise tant les rapports contrairement à l'objectif initial de Taylor se sont tendus ces dernières années et qu'il faudra surement revenir légiférer pour repréciser l'importance de distinguer la personnalité des attendus professionnels et des compétences, les qualités de la personne de celles du professionnel en exercice, la sphère privée et intime de la sphère professionnelle et sociale.

Dans le projet de Loi proposée par Myriam El Khomri : 

  • Quels sont les articles de loi qui s'appuient sur les spécificités du droit français (héritage de son histoire) ? 
  • Quels sont les indicateurs économiques retenus qui permettent de rédiger ces articles de loi alors que ces indicateurs n'ont pas été débattus démocratiquement ?

Comme la réforme du Code du travail ne vise qu'une meilleure efficacité, voire efficience de la loi, qu'en est-il de son évaluation ? 

Aucune étude n'existe pour affirmer que diminuer la protection des salariés permet une baisse du chômage, même l'OCDE et la banque mondiale conviennent de cela. 

D'après vous*, est-ce les normes qui permettent une meilleure inventivité dans la productivité ou la productivité doit-elle s'affranchir des normes salariales pour maximiser les profits des bénéficiaires de cette capitalisation ?

* Vous avez le droit de proposer une autre question d'ouverture si vous trouvez ma proposition trop binaire. 


Pour aller plus loin :


La réforme du Code du Travail et la prise de décision dans un contexte d'urgence, de risques et complexe.

La réforme du Code du Travail

Depuis sa création en 1906, suite à l'accident à Courrières où plus de 1 099 ouvriers périrent, le Code du Travail est une des pièces du puzzle législatif et réglementaire de la vie des salariés du "privé". Il s'intercale entre les normes internationales et européennes et les accords de Branches et d'entreprises.

En 2016, le projet de loi de Myriam El Khomri vise à réformer le Code du Travail. Cette réforme est dans la continuité des directives européennes, et elles-mêmes suivent les recommandations du rapport Doing Business de la Banque Mondiale.

Suite à ce projet de loi, un mouvement citoyen est né sur les réseaux sociaux entre une pétition en ligne et une vidéo de youtubers avec le mot clé #onvautmieuxqueca sur Twitter.

D'abord débordés, les syndicats tentent de reprendre la main sur cette initiative citoyenne tout en affichant leurs divisions sur ce projet de loi. Certains souhaitant le retrait du texte, d'autres préférant procéder par amendements.

Une première manifestation le 9 mars a donné lieu a des rencontres entre présidents d'associations et membres du gouvernement et une seconde manifestation est programmée le 17 mars.


Même en se basant sur les seuls chiffres de la police, les manifestations du 9 mars sont un succès et se distinguent des autres manifestations françaises pour deux raisons :
  
  1. L'initiative de ce mouvement est citoyenne et non politique ou syndicale avec la pétition en ligne de Caroline de Haas sur Change.org et l'appel des youtubers avec #onvautmieuxqueca sur Twitter, 
  2. La participation de villes moyennes comme Bourg en Bresse (1000 manifestants), Le Mans (1000 manifestants) ou encore Perpignan (3000 manifestants), ce qui en montre le caractère généralisé.

Cette particularité précisée, la réforme du code du travail interroge chacun à des degrés divers tant les attentes des chômeurs, des salariés, des indépendants, des entrepreneurs, des managers et des dirigeants de la TPE aux grands groupes peuvent être considérées comme différentes, voire en contradiction ou opposition alors que la loi ne vise qu'à dessiner la carte du territoire.

A noter que Caroline de Haas qui fait partie du trio qui a lancé la pétition contre le projet de loi est l'invitée des plateaux TV mais pas des interlocuteurs du gouvernement. De même pour les youtubers.




L'étude des prises de décision dans des contextes d'urgence, de risques et complexe d'après les scientifiques Klein, Lebraty, Pastorelli, Endsley qui ont menés différentes études sur ce sujet de 1998 à 2004.




L'urgence avec les faillites d'entreprise, le chômage de masse, mais aussi des carnets de commande en berne (Sur-équipement), des salariés de plus en plus désengagés, des secteurs économiques où l'ubérisation rime avec précarisation généralisée. 

Les risques multiples entre la peur du chômage et son déclassement associé, la peur de ne pouvoir licencier à moindre coûts en cas de retournement économique conjoncturel (faiblesse de la demande , faiblesse du pouvoir d'achat), structurel (automatisation, digitalisation, ...), frictionnel (Délais de recrutement, Pénurie de candidats formés, ...) sans oublier le climat anxiogène généralisé avec la gestion politique et médiatique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

Complexe entre la législation internationale sur le droit du travail et les dynamiques actuelles avec comme marqueurs principaux les rapports Doing Business de la Banque Mondiale, les directives européennes en économie et emploi et les solutions mises en œuvre par les gouvernements français successifs.

L'expert face à une situation d'urgence, risquée et complexe commence par faire une comparaison instinctive avec ce qu'il a déjà vécu et appris auparavant. (Notre cerveau ne sait faire qu'une seule chose : RELIER).

Or, s'il y a bien un point qui fait consensus est le fait que le numérique révolutionne notre monde. Il apporte de l'inédit. Ainsi, l'expert mais par extension vous comme nous, se retrouve face à sa faiblesse : relier. 

Les raisonnements par analogie et ceux relevant d'une logique mécaniste (Causes - Conséquences - Corrélations) ne fonctionnent pas pour analyser une situation complexe.
Cela reviendrait à étudier l'univers avec les outils d'analyse datant d'avant Copernic (l'époque où la Terre est plate).

De 1906 à 2016, nul besoin de connaître l'histoire détaillée du monde du travail, quelques images suffiront à montrer ses évolutions et révolutions.

1906
1960
1990


2016


Comment peut-on comparer les conséquences connues de l'industrialisation avec celles de la digitalisation que nous vivons ?

Quand les solutions habituelles ne fonctionnent plus ou pas, l'expert va alors apporter des propositions et des solutions potentielles au lieu d'améliorer sa compréhension de la situation et de comparer les alternatives. Il commet ainsi l'erreur de procéder par analogie dans un environnement complexe puisque la somme des critères divergents démontre bien le fait d'être face à deux situations différentes et non analogues. Les solutions potentielles sont impossibles à comparer.

Dernier point, l'expert contrairement au politique, justifiera ses décisions  en suivant une méthode analytique mécaniste qui seule garantira la justification de ses actes en cas d'échec en fonctionnant par silo.


Pour aller plus loin :

Quel sera l'impact des 200 nouveaux contrôleurs du Pôle Emploi sur la surmortalité des chômeurs et les 38 suicides par jour ?


Pierre Meneton, auteur d'une étude de l'INSERM sur la santé des chômeurs, a mis en évidence la surmortalité des chômeurs dont les risques de tentatives de suicide sont trois fois plus élevés que ceux des non-chômeurs.

D'autres chercheurs d'autres pays dont celle de l'université de Zurich ont réalisé les mêmes études et obtiennent  les mêmes conclusions. Le regroupement des résultats de différentes études sur le même objet ont comme conclusion que le taux de chômage d'un  pays a un impact direct sur le taux de suicide de ses chômeurs, le chômage augmentant le risque de tentative de suicide de 30%.

Plus spécifiquement pour la France, Pierre Meneton estime à 14 000 morts liés au chômage chaque année depuis la crise financière de 2008, soit 38 tentatives de suicide réussies chaque jour.

D'après certaines déclarations de François Hollande, la lutte contre le chômage serait une priorité en France. Du moins, elle conditionne sa candidature aux élections présidentielles françaises de 2017.

Pour ce faire, différents ministres ont tenté sans succès de résorber le taux de chômage français puisque le nombre de chômeurs a augmenté de près de 614 000  (catégorie A) depuis 2012. La dernière mesure est de renforcer le contrôle des chômeurs avec 200 nouveaux contrôleurs.

L'efficacité des mesures de lutte contre le chômage a déjà été étudiée par différentes universités de différents pays, ce qui permet, à défaut de savoir ce qui fonctionne réellement, de connaître précisément quelles sont les mesures anti-chômage qui ne donneront aucun résultat probant.

Ainsi, les universitaires de Berkeley ont mis en évidence au travers d'une méta-analyse de 207 études sur les outils de lutte contre le chômage, les solutions qui ne fonctionneront jamais et celles où il est recommandé d'investir.

Quelles sont les deux mesures qui ne fonctionnent pas mais qui donnent l'illusion que le politique lutte contre le chômage ?

1 - Baisser les indemnités des chômeurs aussi bien sur le montant que sur la durée n'a un effet qu'à court terme contre le chômage. Cela contraint les chômeurs à accepter n'importe quel métier et à démissionner ensuite dans le meilleur des cas et au suicide dans le pire des cas. Cela ne fait que déplacer temporairement la problématique du faible volume d'offres d'emploi face au nombre sans cesse plus grand de chômeurs. Cela entretient une rotation entre travailleurs pauvres et intermittents du chômage, le chômeur changeant juste de catégorie, passant de A à B ou C.

2 - Sanctionner ou radier les chômeurs permet effectivement de faire baisser artificiellement le taux de chômage mais augmente directement le taux de suicide et le nombre de personnes vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté (RSA). Quel est le bénéfice pour le citoyen ?

Quelles sont les mesures qui permettent de limiter au mieux le taux de chômage ?

Les mutations du monde du travail font qu'entre l'automatisation des tâches et le développement des robots, le nombre d'emploi ne peut que baisser face à la démographie mondiale. Ainsi, le chômage est condamné à se maintenir, voire à augmenter avec le temps si l'on ne change pas de système comme avec la création d'un revenu universel.

Pour autant, les seules politiques sur le moyen et long terme qui permettent à un individu d'être le moins exposé au chômage résident dans l'offre de formation et son accessibilité.

Or, qu'en est-il de l'offre de formation française destinée aux chômeurs et salariés français  ?

Là encore, différentes études universitaires françaises permettent d'affirmer que la formation professionnelle ne profite qu'à ceux qui en ont le moins besoin pour obtenir ou se maintenir à un emploi.

En 2012, l'Insee publiait une étude sur les inégalités de la formation professionnelle. 68 % des cadres supérieurs ont bénéficié d'une formation contre 34% des ouvriers quand le chômage n'affecte pas de la même façon les différentes catégories socio-professionnelles comme l'illustre le graphique suivant :



En effet, les ouvriers, les employés et les agents de maîtrise sont pour le moment les dindons de la farce. Cela s'explique par une convergence de différentes mesures :

- La politique de formation des entreprises est de concentrer les budgets formation sur ce que l'entreprise appelle les talents et hauts potentiels. Ainsi, les cadres  français  peuvent développer aussi bien des expertises de routine que d'adaptation quand pour les ouvriers, les employés et les agents de maîtrise de la même entreprise sont en attente d'être automatisés et sans formation.

- L'accès à la formation pour les chômeurs les moins qualifiés est un labyrinthe dont peu ressortent vivants de par le temps de réponse du Pôle Emploi et les problématiques de financement. De plus avec la création du compte personnel de formation, les personnels les moins qualifiés n'ont plus d'interlocuteurs pour connaître les offres et les modalités d'accès. Avec cette réforme, il est demandé aux pauvres d'être responsables de leur inculture et d'assumer leur manque de connaissances. l'état leur a crée un compteur, ils n'ont qu'à savoir comment ça marche.

Au travers de ces quelques exemples, les mesures actuelles de lutte contre le chômage ne sauraient avoir de résultats, mais elles impactent en revanche sur le taux de suicide.

Pour comprendre comment les discours d'un ministre comme l'a été François Rebsamen impacte directement l'augmentation des suicides, il faut connaître les facteurs qui peuvent amener une personne à mettre fin à ses jours et la dynamique du harcèlement moral qui peut conduire à un burn out et au suicide.

Excepté pour des raisons psychiatriques clairement identifiées, les causes du suicide sont généralement les suivantes :

- Perte d'un emploi
- Perte de l'espoir
- Baisse des interactions sociales
- Perte de l'estime de soi
- Écouter et subir des discours, comportements et actions répétés visant à dégrader l'image de la personne au chômage et de ses tentatives d y remédier
- Atteinte à la vie privée avec un besoin d'information sur le mode de vie de la personne au chômage comme si elle était un délinquant avec la présomption de culpabilité portée par des agents du Pôle emploi.

Dans un pays qui compte bientôt 6 millions de chômeurs pour un Pôle emploi qui propose au mieux 300 000 offres d'emploi, soit rigolons un peu, 2000 chômeurs par offre d'emploi, comment peut on lancer l'anathème du chômeur assisté comme l'a fait François Rebsamen à différentes reprises ?

Quand différentes études démontrent que les solutions de recherche proposées par le Pôle Emploi sont inefficaces, comment peut-on reprocher aux personnes inscrites dans cet organisme d'être lassées, fatiguées, épuisées de devoir faire des actes de recherches d'emploi dits positifs qui n'ont aucun résultat si ce n'est  dans le but de les stigmatiser, de leur faire perdre leur confiance et leur estime d’eux-mêmes, soit de les amener indirectement pour une partie d'entre eux à penser à leur inutilité sociale, soit au suicide ?

Pour ma part, je suis convaincu que les 200 nouveaux contrôleurs auront une responsabilité directe dans la surmortalité des chômeurs. Cette mesure n'a aucun sens tant le Pôle Emploi sera toujours incapable de pouvoir proposer des solutions de formation à chaque chômeur mais surtout continuera de se révéler particulièrement incompétent dans ses propositions de solutions de recherche d'emploi comme je l'avais démontré avec l'analyse des 4 Moocs pour l'emploi et leur imposture manifeste.

A la fin de la journée, 38 chômeurs se seront suicidés mais pour les cyniques politiciens, ce sera toujours 38 chômeurs en moins donc une raison de se représenter aux élections.



Sources :
les liens entre chômage et suicide
Les raisons du suicide
Le harcèlement moral
Rebsamen ressort le bâton contre les chômeurs
Taux de chômage par catégories socio-professionnelles 
Après la réforme, la formation n'est plus continue
Les inégalités d'accès à la formation professionnelle

CESE Mai 2016
 

#1 Les conditions de réussite de l'expertise d'adaptation ?



L'expertise d'adaptation est la capacité à appliquer des connaissances et des compétences acquises de manière signifiante avec souplesse et créativité en fonction des situations rencontrées.

Cette notion s'oppose à, c'est à dire la capacité à réaliser rapidement des tâches scolaires type sans erreur mais sans comprendre > l'expertise de routine.


Favoriser le développement de l'expertise d'adaptation nécessite 4 facteurs ou plus précisément  
4 conditions de réussite mais pour cela il faut 5 pré-requis sans lesquels, les conditions de réussite ne peuvent exister



1 Base de connaissances 
2 Méthodes heuristiques
3 Méta-connaissances
4 Compétences auto-régulatrices
5 "Croyances" positives Effet Hawthorne, Pygmalion


Les 4 conditions de réussite
 
1 - Être constructif
Paul, le dirigeant de Service plus convoque en réunion l'ensemble des managers pour mettre en place les conditions de réussite de la stratégie de l'entreprise. Il réalise une présentation très complète avec les modalités d'application. Il est demandé aux managers de faire de même avec leurs équipes pour atteindre les objectifs indispensables à la concrétisation de la réussite.
 
A ce stade, l'emploi de la stratégie est régulé par le dirigeant qui pose différentes questions pour s'assurer de la compréhension et de l'intégration de la stratégie mais les managers devront par eux-mêmes déployer d'autres stratégies pour s'assurer du résultat auprès de leurs équipes.
 
Dans l'étape suivante, les managers, ont la possibilité du copying pour appliquer le guidage du dirigeant.Ils seront mis en groupe pour, à leur tour, prendre la place du dirigeant et mener les conversations auprès de leurs équipes.Chacun prend alors la responsabilité de l'exécution de la stratégie et des régulations nécessaires. Le dirigeant se transforme en facilitateur, coordinateur. Du point de vue des managers, cela permet de comprendre les processus d'acquisition des connaissances et de compétences mises en exergue dans le nouvel environnement crée.
 
2 - S'autoréguler


Se pose alors la question de la régulation au sein des managers. Comment peuvent-ils développer leur autonomie s'ils ne gèrent pas par eux-mêmes les temps des différentes phases d'une nouvelle stratégie en prenant en considération les méta-connaissances ?
 



3 - Contextualiser


Sans prise en considération de l'environnement social, contextuel et culturel, quelle sera la réalité de la stratégie ?






4 - Collaboratif 
L'actuel point de frottement dans les entreprises avec les réseaux sociaux qui font voler en éclat les schémas classiques et obligent les entreprises à plus de congruence. Entre le mode de recrutement, les outils collaboratifs, la question de l'humain dans l'entreprise reprend toute sa place.



La formation du 21e siècle en 10 usages technologiques vous intrigue-t-elle ?

Touchez moi pour accéder à la réponse
 

Comment fixer un objectif ?


Bonjour Agent M.

Heureux de vous retrouver ici. 

Vous vous interrogez sur comment fixer un objectif réaliste ?

Prenez place




Dans la vidéo suivante, Madame Pi et l'agent M Junior échangent sur les ingrédients d'un objectif dans le secteur de l'intérim.





L'objectif est-il toujours?

Simple
Mesurable
Accessible
Réaliste
Temporisé

ou

Mesurable
Accessible
Logique
Individuel
Normé


La question du mesurable
fait émerger de nombreux débats tant sur l'évaluation de la mesure d'un savoir, d'une connaissance, d'une pratique ou de comportements professionnels que sur l'intérêt même de s'appuyer des mesures quantitatives  pour en valider la qualité.


Ce débat d'experts techniques en amènent d'autres à penser que le secteur de la formation est enfin mature pour l'industrialisation.D'autres considèrent que les marchés de l'éducation et de la formation professionnelle vont d'abord se rejoindre pour mieux se diviser en 4 pôles  ou 4 zones de cristallisation où l'apprenant d'aujourd'hui et le participant de demain construira son propre parcours d'apprentissage en s'assurant de la nature et qualité de ses sources. 

Imaginons qu'un professionnel souhaite mieux réussir ses entretiens de vente, recrutement, management. Devra-t-il se fixer comme objectif, d'être capable de mieux ?

- Connaitre les cycles d'achats
- Connaitre la législation en vigueur
- Maîtriser les comportements associés aux différentes situations clients
- Maîtriser les techniques pour être convaincant lors des  différentes relations avec le client
- Développer ses réponses aux objections et aux négociations
- Acquérir des techniques de fidélisation
-...

Quels sont les objectifs d'une formation ?

Durant les 7, 14, ou 21 minutes, heures, semaines  de formation, est-il optimal de choisir

- Apprendre à savoir comment faire ?
- Faire et de faire faire ?
- Tout dépend du point de départ et du temps disponible ?


Rappelez-vous Combien d'objectifs pouvez-vous suivre en même temps ?

Formations & Emploi 2013 : qu'est-ce qu'on fait après ?

Face à la crise, le diplôme protège du chômage et favorise l'accès à la formation professionnelle continue. Seulement, et depuis peu vous le savez encore plus (merci PISA), l'école favorise la diplomation de ce qu'il est convenu d'appeler les CSP++, ce qui signifie aussi que le chômage devient un héritage.

Le tableau n'est pas que noir, dans l'enseignement secondaire, la réforme de la voie professionnelle devrait accroître durablement la proportion de bacheliers professionnels et dans l'enseignement supérieur, l'apprentissage va se développer et les grandes écoles accroître leurs effectifs. 
Pour les uns direction "Les métiers en tension" et pour les autres en route pour "Les métiers à valeur ajoutée". Cette dichotomie, certes je vous l'accorde, un peu simpliste, est confirmée par les études qui démontrent que l'insertion des jeunes dépend de leurs diplômes et de la conjoncture économique même si tous ne tirent que partiellement profit de niveau formation, y compris, élevé.
Est-ce utile de le rappeler, pour les moins diplômés, il s'agit maintenant d'intégrer des parcours d'insertion ou la spécialité de leur formation initiale (si tenté qu'ils aient réussi à aller jusque là) et la région vont influencer directement leur début de carrière.

Il serait illusoire de croire que la formation professionnelle continue constituera une seconde chance pour les moins favorisés car l'accès est de plus en plus inégalitaire en raison de l'origine sociale ou ethnique.

Pour les demandeurs d'emploi, les défis sont nombreux. 
Premièrement, ils vont être défavorisés dans l'accès aux formations aussi bien pour maintenir et/ou entretenir leurs compétences acquises que pour les développer ou en acquérir de nouvelles. Deuxièmement, en fonction de leur âges, ils auront à s'insérer ou à se ré-orienter
Troisièmement,  le choix de la spécialisation de leur formation sera déterminante pour accéder à un nouvel emploi rapidement.

De ce constat détaillé par l'Insee dans son étude 2013 sur les formations et l'emploi, il est nécessaire d'apporter quelques précisions quant aux tendances en terme de formation.

Si vous lisez cet article, vous êtes un internaute ou un mobinaute qui s’intéresse aux questions d'emploi et de  formation. Je peux sans trop extrapoler en déduire que vous connaissez déjà les Moocs, surtout parce que vous êtes en train de lire mon blog, qu'il faut quand même trouver parmi les innombrables blogs Emploi & Formation de la toile.

Si vous avez déjà lu des articles sur les Moocs, vous pourriez penser que cette modalité pédagogique serait un remède efficace et économique pour les demandeurs d'emploi. Or, non seulement se pose la question de la diplomation pour les Moocs mais aussi des compétences pré-requises pour les réussir.
Les SPOC en fonction de leur configuration serait un mieux, quant aux serious games, ils réunissent aujourd'hui toutes les qualités pour que les demandeurs d'emploi puissent mieux et plus rapidement s'intégrer puis qu’aucun pré-requis n'est nécessaire pour y participer et le ludique participe à l'engagement du demandeur d'emploi dans son parcours de formation mais quid du coût financier.

Faut-il faire un Mooc ou des SPOC sur l'apprendre à apprendre avec le web avant de permettre aux demandeurs d'emploi d’accéder à des serious games professionnalisant ? 
Nous verrons

Le coût du travail, l'économie du transfert de fonctionnalité

Le coût du travail interroge, laisse perplexe un grand nombre de personnes. Faut-il le baisser pour sauver l'industrie et l'économie ?

Si nous écoutons Pierre Gattaz, le nouveau patron des patrons qui remplace Laurence Parisot : le coût du travail est au cœur des attentes patronales, il faut le baisser ainsi que les impôts dont l'ISF.
Christophe de Margerie, PDG de Total explique l'importance de distinguer l'ISF qui est un impôt sur la personne clef de voute de la société, des impôts et taxes sur les entreprises clefs de voute de l'économie. Une distinction que ne semble pas savoir faire Pierre Gattaz.

Si nous écoutons Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances lors de son intervention à l'université du Medef "La hausse des cotisations patronales due à la réforme des retraites sera intégralement compensée par une baisse des cotisations famille dès 2014 et pour tout le quinquennat". Le gouvernement serait décidé à aller plus loin que les 20 premiers milliards de crédit déjà proposés aux entreprises avec une rallonge de 10 milliards supplémentaires. 

Si nous écoutons le débat qui agite l'Allemagne, le modèle que les français aiment utiliser, nous avons d'un coté : le PS allemand qui clame " « Nous avons une économie à bas salaire comme aucun autre pays » et l'UMP allemand qui répond :  « Il n’y a jamais autant eu d’actifs en Allemagne ». Bref, l'Allemagne le pays des actifs à bas salaires pour faire la synthèse.

Il est vrai que si l'on tient le raisonnement qui va suivre pour juste vos biais cognitifs, les arguments des deux Pierre ne sont pas faux. 

Le prix de vente d'un produit ou service est composé d'un coût de fabrication matériel et humain, d'un coût d'acheminement au consommateur transport, d'un coût de communication marketing et publicité. 
A ces 3 coûts initiaux, il faut ajouter une marge pour permettre la recherche et le développement de nouveaux produits et services et d'un retour sur investissement aux parties prenantes de la production et de la commercialisation primes, dividendes, etc....

Pour que cela fonctionne, nous avons donc des producteurs, des transporteurs et des consommateurs.

Oui mais...

Prenons un peu de hauteur, tentons d'avoir un point de vue encore plus global, oserais-je écrire, un point de vue mondialisé ?

Les facteurs en jeu dans le prix de vente doivent correspondre au pouvoir d'achat du consommateur et dépendent de :

- Matières premières Matériel
- Coût du travail Humain
- D'énergie Transport
- Publicité Marketing

Avec 7 milliards d'habitants, si tout le monde vit comme tout le monde, il nous faudrait plus de 3 planètes Terre pour assurer l'approvisionnement en matières premières. Certes, nous savons que bientôt nous pourrons allons extraire des minerais dans la voie lactée mais pas encore tout de suite.


Le prix des matières premières ne fait qu'augmenter du fait de leur rareté de plus en plus importante, nous entrons dans un monde de la pénurie. L'exemple le plus frappant et révélateur est peut-être celui des Terres Rares qui permettent de concevoir le matériel technologique comme les smartphones et elles se trouvent essentiellement en Chine.
Le prix des transports avec l'énergie ne fait également qu'augmenter puisque l'énergie principale est fossile et le pétrole est une ressource en voie d’extinction. Les tankers et super tankers ne sont pas encore électriques, nucléaires ou solaires.
Dans une concurrence mondialisée, il faut se distinguer auprès du consommateur, les coûts de promotion sont en constante augmentation pour que ce produit ou service soit acheté par le plus grand nombre. A titre d'exemple en France, il a toujours été entendu qu'un bon produit ou service pouvait se passer de publicité, le bouche à oreilles étant suffisant et pourtant si nous prenons un exemple dans la téléphonie mobile, rarement un opérateur n'aura autant saturé l'espace publicitaire avec son offre commerciale comme Free peut le faire quotidiennement sur l'ensemble des chaines de la télévision : une overdose publicitaire.

Pour conclure ce raisonnement, il peut apparaître évident que le seul levier disponible pour permettre de répondre au pouvoir d'achat du consommateur soit le coût du travail : une injonction quelque peu paradoxale car en baissant le revenu du salarié, on ne permet pas à la personne de plus acheter.

Il serait peu intelligent de répondre qu'il suffit d'aller chercher la croissance là où elle se trouve avec les dents ou son couteau. Les pays émergents sont certes de nouveaux champs de consommateurs et les nouveaux lieux de productions mais les questions de matières premières et de publicité sont toujours valables et elles augmentent plus rapidement le coût de production que le pouvoir d'achat des "émergés".

Produire moins cher peut se faire avec une main d’œuvre dite qualifiée, ce qui nécessite la construction d'infrastructures scolaires, la formation de personnels enseignants qualifiés (Cf le classement de Shanghai), donc des impôts pour permettre à chacun de pouvoir réussir indépendamment de son statut de naissance.

Oui, mais des petits malins sont passés par là avec l'économie du transfert.



Existe-t-il une solution ?
Tout le monde ne souhaite pas devenir un décroissant qui ne consomme plus et vivre comme une famille d'Amish

L'économie de la fonctionnalité vise, non à vendre un bien mais à vendre une fonctionnalité dans la durée. Cela pose de vieilles questions comme celle de la propriété.
En effet, on ne devient plus propriétaire Ad vitam æternam du bien mais locataire. Apple et les produits de son Apple Store ne sont pas transférables automatiquement aux générations futures comme pouvaient l'être une cassette, un vynil ou un DVD. Microsoft propose de plus en plus un paiement à l'usage et non à la détention de ses logiciels.
Google propose des services dits gratuits en échange de données personnelles pour mieux cibler les publicités, l'individu devient une somme de données numérisés l'homme document.

C'est cette économie de la fonctionnalité qui a permis à l'entreprise Xerox de doubler sa masse salariale et d'engranger 2 milliards de profits supplémentaires.
C'est cette économie de la fonctionnalité qui pourrait permettre aux Fast-Food dont Mac Do de doubler les salaires de ses centaines de milliers de travailleurs pour quelques centimes de plus.
C'est cette économie de la fonctionnalité qui permet de considérer le prix du travail comme un investissement et non comme un vulgaire coût modulable en fonction des envies de recettes de quelques particuliers.

Cette économie semble être la solution de transition la plus acceptable par tous actuellement.
Si nous prenons en considération la colère montante des salariés qui vivent leur travail de plus en plus comme des esclaves et non des citoyens pouvant s'épanouir
Si nous nous référons aux études sur la pénibilité, les risques psycho-sociaux, les taux de suicides, les revendications ou encore les réflexions des principaux philosophes toutes "obédiences" confondues.

3 ressources complémentaires & une formation express : 

Carrière & Professionnalisation : Ce que vous avez peut-être manqué cette année !

Europe & Emploi
(politique)
Emploi & Législation
( Réflexions pratiques)
Législation & Prévention
 (Constats opérationnels)
 
Prévention & Pédagogie
(informations formatives )
Pédagogie & Innovation
(Demain se réalise aujourd'hui)

#1 Les conditions de réussite de l'expertise d'adaptation ?

L'expertise d'adaptation est la capacité à appliquer des connaissances et des compétences acquises de manière signifian...